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A la une / Actualité

Lutte contre la contrefaçon

Quand la coordination fait défaut

La contrefaçon, un phénomène transnational. © D. R.

Les services de contrôle des douanes ont procédé à la saisie de quelque 700 000 produits contrefaits en 2017.

Les méfaits néfastes de la contrefaçon ne font qu’accentuer l’impact de la crise sur l’économie mondiale. Le phénomène continue à réduire la croissance des pays et ralentit le processus de création d’emplois de par le monde. L’Algérie n’échappe pas à cette sévère sentence. Les services de contrôle des douanes ont procédé à la saisie de quelque 700 000 produits contrefaits en 2017.
Plus de 200 000 sont des articles de sport, 200 000 des produits de beauté et cosmétiques, 150 000 des pâtes alimentaires, 1 500 des produits de l’électronique… C’est dire que le fléau touche tous les secteurs, notamment le sport, l’alimentaire, le bâtiment, le médicament, le textile, l’automobile, l’informatique… Cette imitation frauduleuse des produits représente un danger réel pour le consommateur, d’autant plus qu’elle porte atteinte à sa santé et à sa sécurité. “C’est un ennemi invisible disposant de moyens financiers et physiques énormes”, avoue Rachid Hessas, directeur général de RH Communication, qui a organisé hier les 4es journées internationales sur la contrefaçon et les marques.
Pour M. Hessas, la lutte contre cette calamité économico-commerciale mondiale, qui altère près de 10% des échanges commerciaux, soit une valeur de 600 milliards d’euros, devient de plus en plus difficile. Car, les méthodes de copiage se développent davantage et les copies sont chaque année encore mieux élaborées. L’une des raisons à l’origine de la contrefaçon reste, selon une représentante du ministère de l’Industrie et des Mines, “la disparition des barrières douanières entre les pays”. En effet, le manque de rigueur dans le contrôle douanier au niveau des frontières, résultat des accords bilatéraux ou multilatéraux entre pays, consolide ce malheur. Les prix, souvent bas, affichés pour les marchandises contrefaites, continuent d’attirer surtout les petites bourses. Ce qui engendrera une consommation de plus en plus forte de ce type de produits et, par ricochet, renforcera encore la contrefaçon. Des participants à ces deux journées suggèrent, dans le cadre de la lutte contre la contrefaçon, l’installation de structures de veille au sein de toutes les institutions exposées à ce phénomène, afin d’anticiper ses conséquences. D’autres proposent la mise en place de structures de qualité, afin de protéger l’économie contre l’importation de ce genre de produits. L’Office national de la métrologie (ONM) a, pour sa part, contribué dans la lutte en refusant le visa pour dédouanement à des milliers de produits suspects dont des balances de poche (3 582 unités), des thermomètres médicaux (3 000), des instruments
de pesage, des balances ménagères… La contrefaçon cible, également, la santé visuelle puisque plus de 90% des lentilles commercialisées sur le marché sont jugées de mauvaise qualité.

L’installation de structures de veille souhaitée
“Certaines montures de lunettes sont fabriquées à partir d’un assemblage de plastics issus de restes d’hydrocarbures. Le contact de ces lunettes avec la peau provoque des exémas et autres allergies pouvant aller jusqu’à la cataracte, voire la cécité”, avertit le Dr Abdelkader Messadi, ophtalmologue. Le danger réside, en outre, dans le verre solaire commercialisé en Algérie qui, selon ce spécialiste, ne dispose pas de filtre UV 400 (contre les rayons ultraviolets). L’autre facteur aggravant est le manque de coordination entre les différents acteurs sur le marché ; entre les divers maillons de la chaîne. Ce paramètre est rappelé régulièrement par les responsables des douanes. Les agents douaniers font effectivement face à des contraintes sérieuses liées à l’absence de réaction de la part des opérateurs victimes de contrefaçon. “C’est aux titulaires des marques, dont les produits ont été contrefaits, de réagir en alertant les services des douanes. Ils doivent déposer plainte au niveau de la justice. Si les entreprises ne nous avisent pas à ce propos, nous ne pouvons pas deviner qu’il y a contrefaçon. Car, nous avons une réglementation à respecter”, estime Ould Larbi Yazid, contrôleur général des douanes et sous-directeur de la lutte contre la contrefaçon.


B. K.

 


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