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Les décideurs ont tourné le dos, y compris aux propositions du panel

Quand le pouvoir fait fi de tout !

Dans son entêtement à mettre en œuvre sa feuille de route, le pouvoir fait fi de tout, y compris des demandes formulées par ses propres relais. Pas même les recommandations, sinon en partie, formulées par le panel de médiation, de concertation et de dialogue, coordonné par Karim Younès. Cela, sans parler du non-respect des préalables posés par ce même panel pour donner du crédit à sa mission. 

En effet, hormis les propositions des deux projets de textes législatifs, le premier modifiant et complétant la loi organique portant régime électoral et le second portant création d’une autorité nationale indépendante chargée des élections, les décideurs ont carrément ignoré le reste des recommandations découlant du soi-disant dialogue mené par l’instance de Karim Younès. Entre autres propositions de l’instance de dialogue, il y a notamment la demande du départ du gouvernement aussitôt l’autorité chargée des élections installée. Un point qui ne sera pas évoqué dans le discours prononcé, avant-hier, par le président intérimaire, Abdelkader Bensalah. Dans sa “décision” de convoquer le corps électoral pour la tenue du scrutin présidentiel le 12 décembre prochain, Bensalah n’a fait, en réalité, qu’entériner “le souhait” du chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah. 
Du moins, il n’a, à aucun moment, fait référence aux recommandations de l’instance de dialogue, se contentant de rendre hommage plutôt aux autorités militaires pour, dit-il, avoir pris “la sage décision d’organiser une élection présidentielle dans les plus brefs délais afin d’élire un président de la République légitime et, du coup, rétablir la stabilité du pays”. Le pouvoir a, en outre, quasiment tourné le dos à l’ensemble des préalables posés à son installation par le panel de dialogue. Parmi ces préalables figurent “l’impérieuse nécessité de la libération de tous les détenus du hirak, dans l’urgence, dans un premier temps”, “le respect du caractère pacifique des manifestations par les forces de l’ordre”, “la cessation des actes de violence et d’agression à l’encontre des manifestants pacifiques du hirak et des étudiants”, “l’allègement du dispositif policier, notamment dans la capitale, lors des marches hebdomadaires”, “l’ouverture de tous les accès à la capitale les jours de marches”, “la libération du champ médiatique tel que revendiqué par les professionnels des médias et souhaité par la population en général” ou encore “l’appel unanime au départ du gouvernement en place et son remplacement par un gouvernement formé de technocrates non partisans”. Si, lors de leur première réception par Abdelkader Bensalah, les membres du panel avaient insisté sur la satisfaction de ces revendications “avant l’entame de tout dialogue”, ils ont, bizarrement, fini par accepter de mener ce “dialogue” sans qu’aucun des préalables susmentionnés soit respecté. Pis encore, la répression des militants et manifestants contre le système s’est, au contraire, davantage durcie ces derniers temps. Le moins que l’on puisse dire est que les décisions unilatérales et la logique du tout-répressif privilégiées par les tenants du pouvoir ne participent pas d’une volonté de régler la crise qui secoue le pays, si ce n’est pour tenter de sauver le système contre la volonté du peuple.
 

Farid Abdeladim


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