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Pétrole

Quand Trump fait s’envoler les prix

Le président des États-Unis, Donald Trump, a décidé, hier, de mettre fin aux exemptions permettant à huit pays l’achat de pétrole iranien. Il a ainsi porté à zéro les exportations de brut iranien. Cette annonce a été faite par la Maison-Blanche. Donald Trump hausse le ton, affirmant qu’à partir de début mai, ces pays (la Chine, l’Inde, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l’Italie et la Grèce) seront exposés à des sanctions américaines s’ils continuent d’acheter du pétrole iranien. En privant ainsi le marché de gros volume de brut iranien, le président américain met en fait l’offre pétrolière sous pression et, partant, fait augmenter les prix de l’or noir. Sans le vouloir !  En valeur, le baril du light sweet crude (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en mai, gagnait hier 1,67 cent à 65,67 dollars dans les échanges électroniques en Asie. Le baril de brent, référence européenne pour juin, progressait, lui, de 1,79  cent à 73,76 dollars. Cette tendance à la hausse va se poursuivre, et il y a une forte probabilité que les cours flambent au deuxième semestre 2019, si l’Administration américaine venait à mettre en œuvre ces mesures. Toutefois, les choses ne sont pas aussi simples, car d’autres variables pourraient entrer en jeu, comme l’entrée en scène de pays producteurs de pétrole hostiles à l’Iran et qui pourraient pomper plus de pétrole pour ne pas permettre aux prix de flamber. Stephen Innes, de SPI Asset Management, cité par l’AFP, évoque cela. Il observe, en effet, que “fermer le robinet du pétrole iranien impliquera que des pays comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis augmentent leur production”, quitte à saper la cohésion, fût-elle relative, des pays membres de l’Opep et de leurs alliés hors Opep. Les baisses de production décidées par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires, dont la Russie, dans le cadre de l’accord de limitation de la production conclu fin 2016 et portant sur une diminution de l’offre pétrolière de 1,8 million de barils par jour, ont eu pour conséquence une augmentation des cours de 40% depuis décembre dernier. 

En 2016, l’Opep et ses alliés, la Russie en tête, avaient souligné, sans faire preuve d’orgueil excessif, qu’ils sont en mesure de mettre en œuvre des décisions pertinentes et adaptées dont l’objectif est de soutenir les marchés pétroliers, avec des prix qui arrangent aussi bien les pays producteurs que les pays consommateurs. Il faut dire qu’ils sont parvenus à mettre en œuvre convenablement l’accord de limitation de la production, avec un taux de conformité à l’accord d’ajustement de la production qui a dépassé les 100%. Ils ont ainsi réussi à maintenir la cohésion en leur sein tout au long des années 2016 et 2017. Mais au milieu de l’année 2018, cette cohésion avait failli s’effeuiller, parce que la Russie et l’Arabie saoudite étaient tentées par l’idée de relever leurs productions respectives et d’accaparer la part de marché des Iraniens à la suite des sanctions décrétées par Washington contre Téhéran, tout en proposant le gel de l’accord susmentionné. Mais de discussions en discussions et de proche en proche, l’Opep et ses partenaires se sont entendus, début décembre 2018, sur une baisse de leur production de 1,2 million de barils par jour. Un accord qui a fait remonter les cours du pétrole, au risque  d’irriter le président américain. 


Youcef Salami


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