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Entretien

Quatre questions à Bachir Halimi

Liberté : Il y a certainement une raison qui a présidé dans votre choix entrepreneurial. Quel est le marché que vous ciblez dans un pays comme le Canada où la concurrence est des plus rudes ?

Bachir Halimi : J’ai choisi le secteur dans lequel j’ai des compétences et des avantages concurrentiels. C’est essentiel pour la réussite de tout projet. Ma première entreprise ALIS fondée en 1981 a développé et breveté l’arabisation des systèmes informatiques. La technologie intégrait l’informatique, ma spécialité professionnelle développée à l’Université de Montréal, et l’arabe, dont la calligraphie m’a toujours fasciné. Ces deux avantages créent la barrière d’entrée tant recherchée pour la réussite des entreprises. Lorsque Microsoft adopte notre technologie en 1986 pour l’intégrer sous licence dans ses produits, je me suis dit “mission accomplie”. Je suis passé à ma prochaine aventure, MédiaSoft Télécom, pour développer et commercialiser une plateforme de développement et d’exploitation de systèmes de réponse vocale interactive. C’était pour relever un défi personnel que je me suis donné : développer une technologie destinée aux Occidentaux, en particulier les États-Unis, le berceau des plus grandes innovations. En 1999, Intel, le géant américain des microprocesseurs, investit dans MédiaSoft Télécom qui sera vendue à Bell Canada, 4 ans plus tard. J’ai ensuite lancé Excendia puis Speech Mobility pour créer une nouvelle génération de systèmes téléphoniques d’affaires qui ont la particularité d’être propulsés par une assistante virtuelle qui parle. 
C’est comme avoir une secrétaire personnelle intégrée dans votre téléphone : elle répond aux gens qui vous appellent, les transfère ou prend un message selon votre disponibilité et vos préférences, vous rappelle vos rendez-vous, lit vos messages, organise des rendez-vous pour vous, compose les numéros de vos contacts et vous connecte, etc. Vous pouvez la commander sur le Web, le téléphone mobile ou en parlant en mains libres lorsque vous conduisez. 

Est-ce qu’il y a des Algériens qui investissent au Canada ? 
Je ne connais pas beaucoup d’investisseurs algériens au Canada. Il y a un petit nombre d’entrepreneurs dans les domaines de haute technologie (téléphonie IP, Web) et des services techniques (infographie, multimédia), mais beaucoup dans le commerce de détails (restaurants, boulangeries, boucheries, cafés, taxis, courtage immobilier, agences de voyages, etc.) On entend dire qu’il y a de grands investisseurs algériens dans l’immobilier, mais je ne les connais pas directement.

Autrement, cela pourrait booster les échanges commerciaux entre le Canada et l’Algérie… 
Oui, en effet. Sinon, pour le moment, l’Algérie exporte pour plus de 3,3 milliards de dollars de pétrole vers le Canada, et ce dernier exporte pour près de 370 millions de dollars en produits et savoir-faire. 

Des chefs d’entreprise se plaignent de la bureaucratie qui mine le climat des affaires en Algérie. Que pourriez-vous préconiser, vous qui avez une longue expérience pour avoir lancé plusieurs entreprises au Canada ?
L’Algérie gagnerait à faire confiance à ses citoyens, à accepter les risques associés au développement de nouvelles idées, à voir plus grand. 
Mais pour cela, il faut que ceux qui ont le pouvoir décident de positionner l’Algérie comme un pays qui peut créer et exporter, pas juste pomper du pétrole et consommer. Il faut des dirigeants qui ont d’abord confiance en eux-mêmes pour croire qu’ils sont capables de se mesurer aux grands leaders du monde avec leurs idées et leurs visions. 
Il faut des leaders qui se préoccupent de l’héritage qu’ils laisseront, demain, aux générations futures. Quelle Algérie laisseront-ils derrière eux ?


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