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Projections de Guitouni : plus de gaz à exporter en 2023

Que cache le discours alarmiste du ministre de l’énergie ?

Mustapha Guitouni, ministre de l’énergie. © APS

Le laisser-faire qui caractérise la politique énergétique menée depuis au moins 2010 risque de compromettre l’avenir économique du pays, voire de conduire à une catastrophe nationale.

Le pan de voile qui cache la consistance actuelle des richesses nationales en pétrole et en gaz est loin d’être levé. Le ministre de l’Énergie, Mustapaha Guitouni, en déclarant lors de sa visite d’inspection à Tizi Ouzou que l’Algérie n’aura pas de gaz à exporter à partir de 2023 et plus de pétrole à vendre à l’étranger à partir de 2025 ajoute une nouvelle dose d’opacité sur l’état des réserves d’hydrocarbures du pays. En effet, le premier responsable du secteur ne nous dit pas quelle est l’importance actuelle de ces réserves et quelle est leur durée de vie en fonction du rythme de croissance annuel de la demande nationale en gaz et en produits pétroliers.
Le ministre de l’Énergie laisse entendre qu’en raison de l’explosion des besoins domestiques en énergie, l’épuisement de ces ressources interviendra à partir de 2023-2025, soit dans cinq à sept ans. Ce qui est très grave. Ce qui veut dire qu’à ces échéances, l’Algérie ne pourra plus exporter du pétrole et du gaz. La totalité de la production d’hydrocarbures ira vers la satisfaction de la demande locale et la réinjection dans les gisements. En somme, en 2023-2025, l’Algérie ne pourra plus disposer de revenus en devises tirés des exportations d’hydrocarbures qui constituent 98% de nos entrées en devises. Une catastrophe nationale.
Ce discours alarmiste est destiné à justifier l’exploitation du gaz de schiste. Le Premier ministre Ouyahia avait donné le feu vert récemment à l’exploration et l’exploitation de ces ressources considérées parmi les plus importantes au monde, ne tenant pas compte des craintes des populations du Sud concernant les risques d’atteinte à l’environnement, à la pollution de la nappe phréatique et à la surexploitation des ressources en eau de ces populations, au détriment de l’alimentation en eau potable de ces zones et du développement agricole de ces régions.
“Les projections de Sonatrach de 2015-2016  indiquent qu’on arrivera à cette situation en 2032-2035 pour le gaz et au-delà de 2040 pour le pétrole. À partir de ces échéances, on doit trouver d’autres alternatives au pétrole et au gaz. Si on reste au rythme actuel de consommation d’énergie, avec les nouveaux gisements qui vont entrer en production au Sud-Ouest et au Sud-Est, on aura du gaz pour 14 à 16 ans et plus de 20 ans pour le pétrole”, indique une source sûre proche de Sonatrach.
La même source fait valoir que les nouveaux gisements de gaz vont produire 40 milliards de mètres cubes/an à partir de 2022 et que le champ de Hassi R’mel, avec les investissements dans les boostings du gisement, pourra produire encore un volume important de gaz pendant 15 ans.
Mais il fait remarquer que si on continue la politique de laisser faire, c’est-à-dire ne pas agir sur la forte croissance de la demande en gaz, il est fort probable que les réserves seront épuisées en moins de temps.
Selon ce spécialiste de l’amont, il faudrait réduire le programme de réalisation de centrales électriques, une filière grosse consommatrice en gaz, introduire de façon plus significatif le solaire dans la production d’électricité.
Cette situation qui menace l’avenir économique du pays signale la faillite de la gestion du secteur de l’énergie depuis le scandale de 2010. Au lieu d’instituer un modèle de  consommation énergétique rationnel, on a laissé la consommation d’énergie du pays augmenter de façon exponentielle au point de rogner sur le volume annuel d’exportation de Sonatrach et d’assécher rapidement les réserves de gaz et de pétrole.
Le spécialiste en énergie Chemseddine Chitour ne cessait-il pas de marteler : le plus grand gisement de l’Algérie est l’économie d’énergie. Imaginez combien de quantités d’hydrocarbures, l’on aurait économisé si l’on avait introduit l’isolation thermique dans les habitations mis des barrières face à l’invasion des produits électroménagers, électriques ou électroniques énergivores, mis fin à l’introduction sur le marché de voitures “gourmandes, polluantes ou roulant au diesel”. 
Si l’on n’avait pas mis autant de retard dans le programme de développement des énergies renouvelables, ainsi que dans l’exploration et le développement de nouveaux gisements d’hydrocarbures, l’on ne serait pas dans cette situation d’épuisement progressif et rapide des réserves de pétrole et de gaz de l’Algérie.


K. Remouche

 


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