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A la une / Actualité

Après ses déclarations fracassantes devant les membres du FCE

Quel avenir pour Abdelkader Messahel ?

Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères, lors de son passage à l’université du FCE. © APS

De quelle crédibilité peut encore se prévaloir notre ministre des Affaires étrangères après sa sortie malheureuse et le flot de quolibets qui s’en est suivi, notamment dans les médias marocains ?

Les propos surprenants du chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, tenus lors de l’université d’été du Forum des chefs d’entreprise (FCE), ne passent pas. Et pour cause, en estimant que l’Algérie est le seul pays “stable” en Afrique du Nord, notre ministre des Affaires étrangères a nettement froissé les États voisins en leur jetant ainsi l’anathème.
Cette bourde diplomatique est d’autant plus inexcusable qu’elle émane d’un ancien ministre des Affaires maghrébines et africaines et de la Ligue arabe dont il était attendu précisément un rapprochement, voire un dialogue, avec les pays voisins. Quelles seront à l’avenir ses relations avec ses homologues maghrébins ? De quelle crédibilité peut-il encore se prévaloir après  cette sortie malheureuse et le flot de quolibets qui s’en est suivi, notamment dans les médias marocains ? En s’en prenant d’une manière pour le moins virulente, sinon déplacée, au Maroc, il aura ouvert, là-aussi, une brèche pour nombre de détracteurs de l’Algérie en leur donnant, pour longtemps, du grain à moudre. “Les investissements marocains en Afrique ne sont rien d’autre que le blanchiment de l’argent du haschich”, a-t-il laissé entendre, pour rappel,  devant les hommes d’affaires du FCE. “Cela, ce sont des chefs d’État africains qui me le disent”, a-t-il même confié, révélant, du coup, la teneur des rares entretiens qu’il a eus avec certains présidents du continent.
Inutile de préciser que sous d'autres cieux, son sort aurait été vite scellé par un limogeage illico presto. À tout le moins, il aurait fait l’objet d’un rappel à l’ordre.  Or, rien de tel n’est encore arrivé. Messahel continue à vaquer normalement à ses occupations de ministre de souveraineté. N’étant pas soumis à l’obligation de résultat, il peut, dès lors, toujours se satisfaire d’être à un poste sensible auquel il n’aurait jamais pu accéder si ce ne sont certaines accointances qui lui ont permis de renforcer sa présence au gouvernement. On s’en souvient, Messahel avait même réussi l’exploit d’être reçu “intuitu personae” par le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika, alors que celui-ci n’accorde que très rarement des audiences à ses ministres en raison de son état de santé. Un privilège auquel n’ont pu accéder, faut-il rappeler, plusieurs chefs d’État étrangers. Cela dit, on semble, tout de même, prendre conscience dans les hautes sphères de l’État du “dérapage incontrôlé” du chef de la diplomatie algérienne.
En effet, les autorités du pays ont adopté à la suite de cette bévue un profil bas en faisant notamment l’impasse sur les derniers développements comme le rappel pour consultation de l’ambassadeur du Maroc en Algérie ou encore la convocation du chargé d’affaires algérien à Rabat. Bizarrement, il n’y a aucune trace dans les médias publics algériens sur cette affaire qui, ailleurs, défraye la chronique et alimente le “buzz”. Face à l’impunité dont semble jouir ce membre du gouvernement et à défaut d’un sévère recadrage devant ce qui tient lieu de dysfonctionnement de la part d’un diplomate,  astreint à la réserve, et dont la parole est officielle, il y a lieu de s’inquiéter, aujourd’hui, sur l’évolution de nos relations avec l’extérieur. Une éventuelle récidive — qui n’est pas à exclure — ternirait alors définitivement l’image de la diplomatie algérienne, patiemment forgée par nos  valeureux aînés.


Mohamed-Chérif Lachichi


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6 réactions
Brahms le 23/10/2017 à 12h55

Mr Messahel est très bon, il a dit son ressenti et c'est normal en tant que citoyen algérien. Il dit également la vérité ce ne sont pas des paroles en l'air. La vérification peut d'ailleurs se faire sur le terrain avec 47 000 tonnes de drogue qui sont distribués donc forcément le produit de cet argent est recyclé quelque part. Toute vérité n'est jamais bonne à dire mais c'est la réalité. Enfin, l'islam interdit la production ou la vente de drogue, ne l'oublions pas.

lecteuroccasionnel le 23/10/2017 à 14h11

Vous devriez avoir honte de défendre ainsi le Maroc dont le dernier rapport du departement d'Etat américain cite que: 23% de son PIB provient de l'argent de la drogue. Puisque vous avez du nif qui ressemble à celui des marocains qui n'ont en pas, allez y la-bas voir ce qui se dit de manière très agressive sur l'Algérie depuis des lustres. Vous vous tromper de cible M. Lachichi, votre article ne vaut pas l'encre avec lequel il a été écrit.

yanis le 23/10/2017 à 17h35

un article dont l'auteur donne l’impression d'être à la solde de. cette réaction censurée ou non vs ne faites honneur à la profession. contre le système pas au point d'être un défenseur un pays de narcotrafiquants.

meliani le 23/10/2017 à 18h29

Si Monsieur Messahel a dit clairement et sans ambiguïté des choses que les diplomates,chargés d'affaires et autres représentants des pays Africains murmurent dans les couloirs des centres de conférences ce n'est pas à la légère ! c'est un Monsieur qui est très estimé dans la diplomatie de beaucoup de pays et je ne pense pas qu'il ait été désavoué lors de ce séminaire par l'ensemble des participants sauf les Marocains bien sur !!

meliani le 24/10/2017 à 11h49

Monsieur Abdelkader Messahel a fait ses preuves depuis qu'il est au Gouvernement ! apprécié par de nombreux pays, il a œuvré pour la paix et le rapprochement des pays Africains avec son éloquence habituelle; ses actions en faveur de l'économie des pays sous-développés commençaient à poter leurs fruits (eau,terrorisme,migrations et autres œuvres caritatives)votre article partisans et calomnieux n'honore pas la presse et surtout LIBERTÉ.

abess le 28/10/2017 à 19h34

Je penses que celui qui "a dérapé" c'est l'auteur de cet article, M. Lachichi! Ok que la diplomatie "en prend un coup", mais c'est légitime, puisque les Marocains nous bafouent à longueur d'année sans se soucié de la diplomatie ou autre. Comme le disent nos compatriotes, la drogue est largement exploitée par le système marovain. Laissez M. Messahel accomplir sa mission courageuse, à éfaut de le soutenir.

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