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Après le clash entre Tebboune, l’Ugta et le patronat

Quel avenir pour le dialogue ?


C'est mal parti, c'est le moins qu'on puisse dire. Le dialogue que veut initier Tebboune commence, d’emblée, par un malentendu, sinon un clash avec plusieurs organisations patronales et la Centrale syndicale UGTA. Pour l’histoire, c’est  le Premier ministre qui a pris, en la circonstance, l’initiative de chasser, de son plein gré,   Ali Haddad, de la cérémonie de sortie de promotion à l’école supérieure de la sécurité sociale où il était pourtant invité.
Ce serait, disons, officiellement, la première pomme de discorde. Pourtant, d’aucuns voient dans le rabrouement  de Haddad un “juste retour des choses” tant le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) et non moins patron du groupe ETRHB a pris du galon au point de venir dicter ses propres orientations aux membres du gouvernement chez qui il débarquait parfois sans crier gare. Son organisation, le FCE, a pris également de l’ampleur sous sa férule notamment dans le dialogue avec le gouvernement, et ce, à l’occasion des nombreuses réunions de la Tripartite dont tout le monde sait qu’il s’agit, en réalité, des simulacres de concertation réglés à l’avance. Mais, cette fois, les choses sont beaucoup plus sérieuses ! Il s’agit, en l’occurrence,   de discuter du pacte économique et social et de réunir autour un large consensus afin d’avaliser certaines mesures présentées, certes, comme douloureuses mais non moins nécessaires. En effet, la décision, tant redoutée de sortir graduellement des subventions à la consommation figure en bonne place dans l’agenda du pouvoir. Elle appelle, en tout cas, le gouvernement à ratisser large pour convaincre du bien-fondé de sa démarche, et ce, en sollicitant également les partis de l’opposition ainsi que les syndicats autonomes dont la participation au dialogue est, pour l’heure, sujette à caution.
Pour certaines sources, les positions des uns et des autres étant connues, Tebboune qui a entamé, a priori, sa mission, du reste, périlleuse en s’érigeant un “obstacle” supplémentaire devrait s’adresser, en dernier ressort, et dans le cas échéant, directement à la population où on relève déjà une vague de sympathie en sa faveur. Il est clair, pour l’opinion, que la “vindicte” que nourrirait le Premier ministre à l’endroit de certains barons du régime Bouteflika n’a rien d’un “geste spontané” et procède d’un nouveau et inévitable casting pour l’étape à venir, marquée par l’austérité. Ainsi, le Premier ministre aurait agi en pleine connaissance de cause en procédant délibérément à ces “ajustements” devenus nécessaires dans le décorum national. Car on voit mal, en effet, comment Tebboune, fraîchement nommé, puisse commencer son dialogue par un affront lancé à des personnages qu’on disait tout-puissants et cela sans avoir des assurances et les coudées franches.
Aussi, au-delà de ce qu’il adviendra de cette recherche de consensus que le pouvoir appelle de ses vœux, Tebboune aura surtout montré qu’en remettant à sa place un oligarque surgi de nulle part, l’État algérien n’avait pas l’intention de renoncer au caractère social qui fonde le pays.


Mohamed-Chérif Lachichi



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