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A la une / Actualité

Le gouvernement veut réduire les importations de 10 milliards de dollars

Quelle parade face aux lobbies de l’import ?

L’une des questions sur lesquelles est attendu le Premier ministre a trait à sa capacité à mener jusqu’au bout sa politique visant la réduction des importations.


La volonté pour atteindre un tel objectif, il l’a certes affichée clairement. Une diminution d’un montant de 10 milliards de dollars est même fixée par M. Abdelmadjid Tebboune pour l’exercice 2017. Or, M. Tebboune aurait-il le courage nécessaire, l’audace suffisante et les coudées franches pour remettre de l’ordre dans le commerce extérieur, un secteur resté, des décennies durant, l’apanage de lobbies souvent invisibles mais surtout puissants ? Réussira-t-il là où ses prédécesseurs ont échoué ? Difficile de répondre par l’affirmative quand on connaît le diktat qu’imposent ses barons de l’import-import sur les différentes institutions et autres organismes liés à ces créneaux d’activité dans notre pays. Des mesures de réorganisation du secteur ont été prises entre 2015 et 2016, notamment celle liée au rétablissement des licences d’importation, sont entrées en vigueur début 2017. Le but recherché est de mieux maîtriser les importations, encourager les exportations hors hydrocarbures et préserver les équilibres financiers extérieurs de l’État. Ces autorisations concernaient une liste d’une vingtaine de produits susceptible d’être élargie. Ce dispositif devrait en principe protéger l’économie contre la fuite des capitaux, la corruption dans le secteur du commerce extérieur et instaurer un soutien à la production nationale et les produits fabriqués localement. Cependant, toutes ces mesures ont, in fine, dérangé les intérêts de ces “gérants” de l'informel et de l’import-import qui contrôlent une grande part des importations, le marché parallèle de la devise, le marché de gros et une partie du marché de la distribution. C’est dire que de gros intérêts risquent d’être ciblés si le gouvernement s’entête à mettre en œuvre délibérément sa stratégie. La capacité de nuisance de ces groupes de pression, en réaction à la mise en  application de ces décisions de baisse des importations, peut être très forte et préjudiciable  pour  la société. Ils l’ont prouvé par le passé. L’on se souvient d’ailleurs, des émeutes de Béjaïa enclenchées en janvier dernier par un mouvement de grève des commerçants suite à un appel anonyme.

Capacités de nuisance des barons de l’import
Ces événements sont révélateurs du poids pris par les lobbies de l’import-import et du commerce informel. Il s’est avéré par la suite que les émeutiers avaient été manipulés par des barons de l’importation qui voulaient faire pression sur l’Exécutif afin que soit levée lamesure imposant le paiement par chèque pour toute transaction supérieure à 500 000 DA. L’autre exemple édifiant confirmant le danger que représentent ces maîtres de l’importation est le blocage dont fait toujours preuve la mise en marche du laboratoire national d’essais (LNE). Son DG, a affirmé que la mise en œuvre du LNE n’est pas prévue pour très bientôt. L’on s’interroge sur les raisons qui empêchent depuis 2014, un tel instrument de contrôle, dont a fortement besoin actuellement l’Algérie, à voir le jour. La réponse : les missions confiées à ce laboratoire à savoir le contrôle de la conformité des produits à la réglementation et aux normes nationales en vigueur, l’assistance aux laboratoires de la répression des fraudes dans différents domaines techniques… Autant de prérogatives qui dérangent ces lobbies activant dans l’opacité. Dans le domaine du médicament, la naissance d’un groupe de fabricants de médicaments locaux avec une production avoisinant les 40% des besoins du pays et qui a contribué à l’émergence d’une industrie pharmaceutique algérienne, a également importuné le lobby de l’import-import. Cela étant, la bataille gagnée contre ce lobby ne signifie aucunement que la guerre est terminée. Car, les tentatives de blocage persistent toujours à plusieurs niveaux. Ces barons constituent un vrai danger pour l’économie nationale et la paix sociale. Le constat est plus grave quand l’on sait que ces lobbies ont des relais dans les cercles du pouvoir... Pour éviter toutes ces réactions violentes entreprises épisodiquement par ces opérateurs malveillants, le gouvernement a trouvé une parade : les insérer dans la liste des bénéficiaires de ces licences d’importation. Ainsi, tout le monde sera bien servi et l’on ne va pas enregistrer de mécontents parmi ces importateurs véreux et gênants. La preuve, est que l’administration compétente n’est jamais en mesure de garantir un traitement équitable et transparent des dossiers de licences d’importation soumis par les opérateurs. Dans plusieurs secteurs, des domaines d’activité, des filières, des branches et créneaux, les partisans d’une relance de l’industrie et les tenants de l’importation soutenus par des complicités au sein des pouvoirs publics se livrent au quotidien une guerre sans merci.

B. K.


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