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Multiplication des initiatives de l’opposition

Quelle recette pour inverser le rapport de force ?

Les membres de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition en conclave en 2016. ©Archives Liberté

Le verrouillage politique, la répression, les entraves bureaucratiques et la clientélisation ne sont pas de nature à susciter quelque enthousiasme.

Alors qu’un flou artistique entoure encore la perspective d’un cinquième mandat pour le président Bouteflika, l’opposition, dans ses diverses déclinaisons, tente, sans trop de convictions pour certains, de lancer des initiatives dans l’espoir, sinon de faire barrage à un autre bail, de remobiliser la population en faveur d’une alternative démocratique. Dernière en date, même si pour l’heure, elle semble être au stade de vœu : la déclaration de “l’initiative pour la refondation démocratique” (IRD). Animée par d’anciens députés dont Tarik Mira (ex-RCD), Hamid Ouazar, ancienne figure du FFS, Ahmed Badaoui, entre autres, l’IRD fait le constat de la situation et montre la voie à suivre. “Le problème n’est pas de faire partir Bouteflika, quoique moralement cela a du sens, mais de créer les conditions de l’alternative démocratique et donc dégager le système en place. L’absence jusque-là d’alternative est l’expression de l’affaissement de l’esprit civique né du détournement récurrent de la volonté populaire”, écrivent-ils dans cette déclaration rendue publique hier. “Il s’agit maintenant de renverser la perspective par un engagement citoyen, actif dans la cité”, préconisent-ils.
Cette sortie, dans un contexte de congélation politique et de statu quo, intervient dans la foulée d’autres initiatives sans lendemain et dont la plupart ont fini en queue de poisson, sans aboutir au résultat escompté.
C’est le cas, à titre d’exemple, de l’appel à “une révolution citoyenne pacifique”, lancé en septembre de l’an dernier par l’ancien ministre et fondateur du PRA, Noureddine Boukrouh. “Le défi que nous devons relever est d’agir en contournant les risques d’exposer notre pays à une nouvelle tragédie alors que les séquelles de celle des années 1990 sont encore visibles (…)”, avait-il écrit. Même s’il a précisé que l’appel se voulait être aussi un espace de débat et de propositions pour une convergence citoyenne, Noureddine Boukrouh invitait les Algériens à sortir de leur inertie.
Trouver de nouveaux paradigmes Un autre appel a fait long feu : celui lancé conjointement par Rachid Benyelles, Taleb Ibrahimi et Me Ali-Yahia Abdennour. “Pour nous faire entendre et faire barrage à ceux qui ont confisqué notre destin depuis près de vingt ans, nous devons parler d’une seule voix et nous mobiliser derrière ceux des partis d’opposition qui s’engageront à respecter un programme d’action commun visant l’instauration de la démocratie, l’application de la justice sociale et le respect des libertés publiques individuelles et publiques. Nous n’insisterons jamais assez sur le fait que seul un front commun est en mesure de peser sur la situation pour changer le rapport des forces, et favoriser l’avènement d’hommes et de femmes de qualité”, ont-ils estimé. Mais, c’est sans aucun doute, la rencontre de Mazafran dont l’échec est retentissant compte tenu du nombre d’acteurs politiques de diverses tendances qu’elle a pu réunir. En plus des clivages idéologiques, l’initiative s’est heurtée aux limites de certaines formations politiques qui ont refusé l’“épreuve de la rue”. Sans compter la présence d’acteurs qui peinent à concevoir un changement en dehors du système. Aujourd’hui, si tout ce beau monde est convaincu que seul une mobilisation au sein de la société est à même de changer les rapports de force, force est d’admettre que très peu se livrent à ce travail pédagogique.
Il est vrai que le verrouillage politique, la répression, les entraves bureaucratiques, la dépolitisation d’une partie de la société, la corruption, y compris d’une certaine élite, la crise de confiance et la clientélisation ne sont pas de nature à susciter quelque enthousiasme pour secouer le “désordre établi”. Mais, l’opposition — maintenant qu’il est établi que l’évolution du régime n’est ni envisagée ni possible — est appelée à changer ses paradigmes, à innover et à trouver l’artifice pour créer un nouveau rapport de force. “Ceux qui croient encore que le peuple algérien est éligible à un destin digne de ses aspirations et sacrifices ne peuvent plus ignorer les prérequis du changement. Les opposants sont condamnés à l’audace innovante, s’ils veulent éviter le chaos. Ces ‘constituants’ ont d’abord à se poser en acteurs autonomes, déterminés et responsables. C’est la seule façon de faire entendre aux décideurs, au premier rang desquels l’armée — qui, demain, sera en première ligne face aux furies populaires —, qu’un nouveau système politique est inéluctable.” Les propos sont de Saïd Sadi.

Karim Kebir


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