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A la une / Actualité

Le P-DG du CPA destitué par l’assemblée générale de la banque

Quelques pistes sur un limogeage surprise

Omar Boudieb, ex-P-DG du CPA. © D.R

Il y aurait, entre autres griefs retenus contre lui, une entorse à la bonne exécution de certaines transactions liées au financement de l’immobilier, à en croire une source de la banque.


Le P-DG du Crédit populaire d’Algérie (CPA), Omar Boudieb, a été démis de ses fonctions, lundi, à l’issue de l’Assemblée générale de la banque. “Dans le cadre de ses attributions statutaires, l'Assemblée générale du Crédit populaire d'Algérie, réunie ce lundi 9 juillet 2018, a adopté une résolution mettant fin au mandat de membre du Conseil d’administration du CPA, exercé par M. Omar Boudieb”, note un communiqué diffusé par le ministère des Finances. “L'Assemblée générale du CPA a chargé le Conseil d'administration de la mise en œuvre de cette résolution”, ajoute la même source. Le désormais ex-P-DG du CPA a été nommé en mai 2015 par l’ancien ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa. Selon des sources de la place bancaire, le départ d’Omar Boudieb était prévisible pour avoir franchi une ligne rouge ; certains financements de la banque étaient pour le moins douteux. Des éléments de mauvaise gestion sont également pointés, tant au plan du management des investissements de la banque qu’en matière de rapports entretenus avec certains de ses clients. “Les banques sont sommées de s’assurer de l’identité des clients et de la situation de leurs trésoreries, de vérifier la viabilité des projets financés, de respecter des règles strictes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent”, souligne un banquier de la place, contacté par Liberté, sans pour autant préciser les raisons pour lesquelles le patron du CPA a été démis de ses fonctions. Sa phrase sonnait, néanmoins, comme une invitation à explorer certaines pistes. Il y aurait, d’abord, une entorse à la bonne exécution de certaines transactions liées au financement de l’immobilier, à en croire une source de la banque. Il est arrivé, paraît-il, que des opérations de financement soient exécutées ou que de gros clients se voient accorder des lignes de crédit sans que le processus réglementaire soit totalement achevé. Dit autrement, lorsque la procédure de vérification de l’identité du client se fait avec complaisance, il serait difficile de détecter, en aval, des soupçons de blanchiment. Mais, sur cette question, le CPA ne serait pas l’unique banque à écoper d’une sanction. Certains autres investissements consentis par la banque soulèvent moult questionnements, notamment au plan de la prise de décision. Présent dans des projets de montage automobile et dans des aciéries à l’ouest du pays, l’établissement financier multipliait ces dernières années des placements pour le moins suspects et hasardeux. Cerise sur le gâteau, le CPA a participé à un montage financier au profit d’une aciérie turque, implantée à l’ouest du pays, et dont un fils d’un ancien haut responsable de l’État était cité dans l’actionnariat de l’entreprise. Pis encore, selon certaines informations, la banque soutient l’essentiel des cautions accordées au groupe ETRHB. Cependant, de tels engagements et de pareilles cautions peuvent-elles être l’œuvre d’un simple P-DG d’une banque ? Souvent, lorsqu’il s’agit d’un investissement et/ou d’une prise de participation, le Fonds national de l’investissement négocie et représente l’État et la mobilisation des crédits se font sur ordre de l’autorité. Quoi qu’il en soit, le limogeage du P-DG du CPA témoigne de cette situation de crise que vivent les banques publiques. Il ne s’agit aucunement d’une crise de liquidités cette fois-ci, mais d’un défaut de gestion criant, dont les normes sont pour le moins archaïques et les leviers seraient aux mains des politiques et certaines officines. Certaines de nos sources accréditent l’idée d’un mouvement qui toucherait plusieurs P-DG de banques publiques et d’établissements financiers. Un pareil mouvement avait été annoncé il y a de cela près d’une année, lorsque Abdelmadjid Tebboune, alors Premier ministre, voulait remettre de l’ordre dans les affaires du commerce extérieur.
Certains banquiers avaient été accusés alors d’avoir fermé l’œil sur des transactions douteuses et d’avoir peu contribué à la volonté d’assainir les opérations du commerce extérieur.   


Ali Titouche


 


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2 réactions
Brahms le 11/07/2018 à 13h25

Une banque algérienne ne dépassera jamais la somme de 10 000 000 de dinars en crédit sans vérifier la solvabilité de son client. Par conséquent, comment voulez vous financer un hôtel ou un immeuble à construire qui dépasserait largement 50 000 000 de dinars, sans compter les frais de notaire ?

Brahms le 12/07/2018 à 14h02

Il croyait qu'il était propriétaire de la banque donnant des crédits à tout va, à ses rouyas et benrouyas, hein. Finie la musique.

Commentaires
2 réactions