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Politique économique et gestion du commerce extérieur

Quels réajustements ?

Ahmed Ouyahia est, depuis hier, le nouveau Premier ministre en remplacement d’Abdelmadjid Tebboune qui semble avoir fait les frais de sa démarche consistant à faire table rase des actions de son prédécesseur (Sellal), mais surtout de sa volonté de “séparer l’argent et le politique”. Cette éviction de Tebboune était prévisible et dans l'air du temps après la sévère campagne de dénigrement dont il a fait l’objet.
Toujours est-il que le gouvernement dispose d’un nouveau Premier ministre, en l’occurrence Ahmed Ouyahia, qui est chargé de rectifier les soi-disant dérives d’Abdelmadjid Tebboune, surtout dans le domaine économique, qui, pourtant, faisaient partie de son plan d’action, validé par le président de la République. Ahmed Ouyahia, Premier ministre, aura à plancher très rapidement sur des dossiers très sensibles à l’instar de ceux du commerce extérieur et de l’industrie qui ont, ces derniers temps, défrayé la chronique.
Le micmac dans lequel se trouve le ministère du Commerce dans la gestion du commerce extérieur laisse les observateurs perplexes. Avec une liste des produits interdits d’importation qui s’allonge chaque jour et la délivrance des licences qui ne voient toujours pas le bout du tunnel, la situation est intenable, à la fois, pour les opérateurs et pour les citoyens qui craignent une pénurie de plusieurs produits. La récente histoire des instructions de l’Abef n’a fait qu’accroître la confusion.
D’ailleurs, de nombreux experts ont émis des doutes sur l’efficacité de la démarche adoptée dans la gestion des licences importation. Le nouveau Premier ministre aura à trancher dans le vif sur ce sujet. Dans le domaine de l’industrie, essentiellement dans l’automobile, Ahmed Ouyahia aura la tâche plus facile dans la mesure où les cahiers des charges ne sont pas encore finalisés. Il aura ainsi toute latitude d’y mettre son empreinte.
Ahmed Ouyahia aura aussi la lourde tâche de ficeler la loi de finances 2018. Après
l’annonce d’un objectif de 11% de hausse annuelle sur les prochaines années de la fiscalité ordinaire, le projet de loi budgétaire du prochain exercice promet une nouvelle pression fiscale qui devrait se matérialiser par l’introduction de plusieurs nouvelles taxes et la réactivation d’autres impositions. Le gouvernement pourrait annoncer une loi de finances 2018 consacrant une cure d’austérité plus sévère. Cette décision aura certainement un coût social.
Mais le nouveau Premier ministre nous a habitués à ne pas rechigner quand il s’agit de prendre des mesures impopulaires. Ahmed Ouyahia, bien connu des citoyens — il aura à former un gouvernement pour la cinquième fois—, était surtout assimilé à la loi de finances complémentaire de 2009 qui a changé totalement les règles pour l'investissement étranger, avec un impact négatif en matière de flux des IDE, et imposé un droit de préemption.
Cette LFC 2009 avait soulevé un tollé au sein des patrons qui ont longtemps critiqué Ahmed Ouyahia lui reprochant d’être à l’origine du marasme de l’économie algérienne. Mais cela, c’était avant. Sa nouvelle vision économique, Ahmed Ouyahia l’a étalée mi-juin lors d’un conseil national de son parti le RND. À la limite néo-libéral, Ahmed Ouyahia a plaidé à la fois pour la fin des subventions généralisées, les privatisations, la décentralisation de l'investissement et la fin de la démagogie sociale.
Pour lui, “les hôtels, les moulins, nous leur trouverons des acheteurs nationaux, il vaut mieux les vendre tant qu’ils sont en bon état, pour ne pas revivre ce que nous avons vécu durant les années 1990”. En somme, un discours prisé par le patronat.  


Saïd Smati


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