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Candidature à la présidentielle du 12 décembre

Qui osera ?

Siège de la présidence de la République. © D.R.

Le pouvoir pourrait certes coopter des candidatures parmi le personnel politique qui évolue dans son giron, il lui manquera, pour des raisons évidentes, de réaliser un bon casting.

Le chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah, a fixé la date de la tenue de l’élection présidentielle au jeudi 12 décembre. La convocation du corps électoral est intervenue en aval d’une entreprise de dialogue confiée à un panel présidé par l’ancien président de l’APN Karim Younès. 
Un panel qui a élaboré les textes de loi devant encadrer le scrutin présidentiel projeté, alors qu’il a été contesté par le mouvement du 22 février. Aussi, c’est un pari risqué que le pouvoir a pris de reprendre le processus électoral contre la volonté populaire. Outre la désaffection attendue des électeurs, il sera encore difficile pour les partisans de la solution électorale de susciter des candidatures à même de crédibiliser la compétition. En effet, le scrutin en préparation, qui prend les allures d’un passage en force, ne devrait pas drainer grand monde. Car qui osera se porter candidat à une élection rejetée par la majorité du peuple ? L’on sait ce qu’il en a coûté aux candidats à la candidature en avril 2019. La rue les a rejetés. 
Un verdict sans appel, dont a fait les frais notamment Ali Ghediri, qui a voulu aller au bout de son ambition, y compris au moment où il était encore question  du 5e mandat pour Bouteflika. À l’époque, le hirak rejetait le mandat de trop de Bouteflika. Aujourd’hui, c’est la présidentielle qu’il rejette. 
Le pouvoir pourrait certes coopter des candidatures parmi le personnel politique qui évolue dans son giron, il lui manquera, pour des raisons évidentes, de réaliser un bon casting. L’opposition, leaders partisans et personnalités, a déjà signifié qu’elle ne sera pas au rendez-vous électoral tant que le système n’a pas dégagé. De son côté, le régime sera en manque de profils à aligner dans la course électorale, surtout s’il décide de ne pas faire ses courses dans les vitrines des partis de l’ancienne alliance présidentielle. Peut-être alors qu’il cherchera à adouber des prétendants venus de sphères politiques qui ont la capacité tantôt de s’approcher du pouvoir, tantôt de s’en éloigner. 
Ali Benflis, président de Talaie El-Houriat, et Abderrezak Makri du MSP, bien qu’ayant défendu l’option de la présidentielle, comme seule et unique solution constitutionnelle à la crise, hésitent à trancher. Ali Benflis a exigé la réunion “des conditions politiques et un climat apaisé” pour la tenue de la présidentielle. Abderrezak Makri est rongé par le doute. Les deux hommes, même s’ils peuvent être tentés par l’aventure électorale, savent qu’ils courent un sérieux risque d’en pâtir. 
S’ils doivent redouter le verdict de l’urne, comme l’ensemble des acteurs politiques qui appréhendent la régularité du scrutin, ils craignent plus le jugement de la rue. Une rue qui chaque vendredi rappelle qu’elle n’ira pas aux élections dont elle ne veut pas. Et si elle rejette les élections, elle rejette logiquement les candidats qui s’inscriront dans la compétition. Et face à la formidable mobilisation citoyenne, laquelle rendra difficile le déroulement de la campagne électorale, on voit mal des politiques soucieux de leur image et de leur carrière prétendre à la magistrature suprême. Surtout qu’aucune mesure d’apaisement n’a été prise comme gage de sincérité du pouvoir qui promet une consultation électorale régulière et transparente. Pis encore, la répression du hirak est montée d’un cran, avec les dernières vagues d’emprisonnement de manifestants. 
 

Mohamed Mouloudj


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