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Un impressionnant dispositif filtrant installé dès jeudi aux portes de la capitale

Qui veut interdire Alger aux Algériens ?

© D. R.

Les accès d’Alger ont été fermés jeudi dernier dès 13h pour empêcher les manifestants de rallier le centre de la capitale pour signer l’acte IX des imposantes marches populaires.
C’est ce que nous avons constaté à l’ouest d’Alger, plus exactement à Zéralda, où trois barrages filtrants ont été dressés sur une distance ne dépassant pas les 1 000 mètres. Des milliers de véhicules ont été bloqués par ces barrages, provoquant une pagaille générale chez les automobilistes, pas du tout habitués à vivre ce genre de situation un jour ouvrable de la semaine. Ainsi, et contrairement au week-end dernier où ces barrages étaient effectifs à partir de 18h, les troupes antiémeutes, les éléments des escadrons de la sécurité routière, au même titre que les brigades d’intervention ont été mobilisés dès la matinée de jeudi pour assurer un maillage maximal du territoire et verrouiller les autoroutes, les échangeurs et les routes secondaires qui permettent aux automobilistes d’accéder à la capitale. “C’est l’enfer. Cela fait plus de 50 minutes que je suis dans ce bouchon. Mais il n’y a pas que ces trois barrages. De Tipasa jusqu’à Zéralda, les gendarmes ont dressé cinq barrages. On croit que c’est une histoire de radar. Finalement, ils tentent de ralentir la circulation pour filtrer les automobilistes. Ce n’est pas évident pour moi qui transporte des produits laitiers.

Je risque de tout perdre”, a témoigné un jeune transporteur de marchandises, originaire de Tipasa. Pis encore, l’autoroute, même en sens inverse, a fait l’objet d’une fermeture. Ce que les usagers de la route n’ont pas compris. On a l’impression qu’il y a une volonté de fermer Alger aux Algériens, alors que ce procédé a montré ses limites le 12 avril dernier lorsque des millions de manifestants ont réussi à passer, malgré le déploiement d’un impressionnant dispositif de la Gendarmerie nationale aux portes d’Alger. Et ce n’est pas fini ! Il faudra aussi prendre son mal en patience pour passer un autre barrage, en l’occurrence celui de Bouchaoui, pour, enfin, espérer rallier le centre de la capitale. Le même schéma a été dupliqué sur l’autoroute reliant Blida à Alger. Là aussi, un avocat a témoigné avoir mis plus de 4 heures pour arriver à son domicile. Il a indiqué que “plusieurs barrages ont été érigés entre Blida et Alger, notamment à la sortie de Blida et de Boufarik. Il y avait des motards partout et on ne pouvait absolument rien faire. C’est de la répression gratuite durant une journée où les citoyens travaillent et les écoliers sont encore en classe ! C’est un manque à gagner immense pour notre économie déjà agonisante”. Hier, les automobilistes ont vécu, dès l’aube, un enfer aux entrées de la capitale. C’est ce que nous avons également constaté lors de notre virée.

À Dar El-Beïda, ceux qui entraient comme ceux qui sortaient d’Alger ont passé plusieurs heures dans leur véhicule. De Boudouaou à Réghaïa, en passant par Dar El-Beïda, Khemis El-Khechna, Hammadi et El-Kharrouba, les automobilistes qui venaient du centre-est et de l’est du pays ont souffert le martyre pour arriver à Alger. Des embouteillages de 7 à 10 km ont été provoqués par des dizaines de barrages filtrants. Pour la première fois, plusieurs barrages de police ont été dressés à Dar El-Beïda et aux Bananiers (Bab Ezzouar). Outre le dispositif classique, les policiers relevant des unités d’intervention ont été mobilisés sur l’autoroute d’Alger pour empêcher les manifestants de rallier la marche populaire prévue au cœur de la capitale. Aussi, et selon plusieurs témoignages recueillis par nos soins, les manifestants venant de la wilaya de Tizi Ouzou ont été filtrés par une dizaine de barrages, notamment à Draâ Ben-Khedda, Naciria, Thenia, Si Mustapha, Boudouaou, Réghaïa et à Bab Ezzouar.
 

FARID BELGACEM


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