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A LA UNE / Actualité

Manœuvres de déstabilisation, rumeurs sur son limogeage…

Qui veut la tête d’Ouyahia ?

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. ©Zitari/Liberté

L’opération est tellement bien orchestrée et mise en scène qu’une “touche professionnelle” s’y ressent et prouve qu’il ne s’agit pas d’une œuvre d’amateurs adeptes de réseaux sociaux.

Homme des sales besognes, sobriquet qu’il assume tant il n’est appelé aux affaires que quand la situation se corse, Ahmed Ouyahia, Premier ministre, est revenu, pour reprendre dans la conception FLN de la gouvernance, à son rôle de tête de Turc. Le FLN, version Ould Abbes, n’a pas digéré la désignation d’Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement, mais a trouvé de quoi se consoler en estimant que les décisions du Président sont incontestables. Et sachant aussi qu’il a été envoyé au casse-pipe, vu la conjoncture économique et sociale. Sans compter l’approche des élections législatives et locales. Passée la trêve électorale, le FLN revient à la charge.
Doutes sur la sincérité de son soutien et de son parti, le RND, au président de la République. Suspicions dans tout ce qu’il entreprend au point de remettre en cause ses décisions et directives. Certains ministres vont jusqu’à le contredire et se comportent comme étant en rébellion dans l’Exécutif. Au FLN, on ne cache plus cette volonté de le débarquer. Le ton est donné pour entamer les manœuvres de déstabilisation avec la question des importations, puis des constructeurs automobiles à agréer pour terminer avec la tripartite-bis convoquée en catimini par Ould Abbes. Le patron du FLN ne fait pas confiance à Ouyahia qu’il soupçonne de cultiver une ambition présidentielle. Aussi, l’inclut-il dans le lot “des ambitieux” et “des cupides”, dans son dernier discours à l’occasion de la réunion, lundi dernier, avec les députés du parti, qui veulent succéder “avant terme” au président Bouteflika. Le gouvernement donne à voir une image de cour désordonnée, indisciplinée et incohérente. Et alors que le front social continue de chauffer, des ministres sont affairés à prendre leur distance du Premier ministre ou à se détourner de ses instructions.
Il est remarquable que depuis les élections législatives de mai 2017, scrutin qui ouvre la voie et oriente les regards vers 2019, Ahmed Ouyahia est devenu la cible privilégiée de son allié, le FLN, qui ne rate pas une occasion de le recadrer. Aussi, s’est-il réfugié dans un silence que ses nouveaux adversaires interprètent comme une faiblesse.
Un échec. Une abdication ? Il est besogneux et occupé, selon Seddik Chihab, porte-parole du RND, qui vole à son secours. Il n’a même pas pu s’impliquer dans la grogne des enseignants ou des résidents. Il a fallu l’intervention de la Présidence pour régler le problème avec le Cnapeste. Une intervention capitalisée par Ould Abbes embusqué en sniper politique. Et il ne rate pas une occasion de minorer son rôle à la tête d’une équipe “qu’il n’a pas choisie”.
La cadence sera maintenue jusqu’à la dernière rumeur sur son limogeage, son remplacement et le léger lifting apporté à son équipe qui a circulé cette fin de semaine. Et c’est tellement bien orchestré et mis en scène qu’une “touche professionnelle” s’y ressent et prouve qu’il ne s’agit pas d’une œuvre d’amateur adepte de réseaux sociaux. Cette séquence rappelle l’épisode où le FLN, dont le secrétaire général était alors Amar Saâdani, a fait du limogeage ou de la démission d’Ouyahia la priorité de son action politique, mobilisant son groupe parlementaire qui avait le ton particulièrement violent. L’entreprise d’Ould Abbes va au-delà du remaniement de l’Exécutif, il veut même l’empêcher de prétendre à la magistrature suprême.
D’où les entraves et embûches qui se dressent devant la moindre de ses actions. Outre son discours franchement hostile à Ahmed Ouyahia, précisant souvent que le prochain président, et même après, ne sera que du FLN, Ould Abbes s’attache à le déstabiliser, le perturber et le discréditer.
D’où les informations régulièrement distillées par des sources anonymes sur son limogeage. L’échec à mettre en œuvre le plan d’action du gouvernement et à imposer un minimum de cohésion dans son équipe plaide en défaveur d’Ouyahia. Un facteur qu’exploite le FLN pour l’enfoncer davantage. Et on aura, entretemps, oublié les problèmes internes du FLN.

Djilali B.


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3 réactions
Brahms le 24/03/2018 à 12h58

Mr Ouyahia avec sa planche à billets a organisé la grogne sociale. En effet, suite à la dévalorisation du dinar, les prix montent et les salaires stagnent voir régressent de sorte qu'il y a de plus en plus de pauvres.

elbahri le 24/03/2018 à 19h32

nul n'est indispensable, il temps de prendre sa retraite

Brahms le 25/03/2018 à 8h59

Mr Le Premier Ministre Ouyahia, Au lieu de serrer la ceinture des algériens, vous auriez dû récupérer les 62 tonnes d'or + 240 tonnes d'argents + 05 milliards d'euros volés par Charles 10 à la Régence d'Alger avec le canon (Baba Merzoug) qui protégeait Alger des intrus. Votre mandat sert à ça et non à perdre du temps et de l'énergie dans des réunions qui ne servent à rien. C'est ça, le job.

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