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Autorité chargée de l’organisation de la présidentielle

Rejet des partis de l’opposition

© Louiza Ammi/Liberté

La mise en place, hier, de l’Autorité nationale indépendante d’organisation des élections, dont la présidence a été confiée à un ancien ministre de Bouteflika, en la personne de Mohamed Charfi, n’a pas recueilli l’assentiment de l’opposition.

Atmane Mazouz, chargé de communication au RCD  
“Le peuple rejette toute démarche venant du pouvoir”
“Ceux qui doutent ou feignent de douter que la présidentielle projetée par Gaïd Salah n’est qu’une simple opération de réappropriation du pouvoir par le système politique en place n’ont plus rien à vendre pour défendre leur démarche. La nomination d’un ancien ministre de la Justice de Bouteflika pour la conduite des élections ont scellé dès à présent le sort de cette consultation.

D’un autre côté, la mise en place, au pas de charge, des instruments réglementaires pour le déroulement de cette mascarade, couplée avec la répression et le rétrécissement des libertés augurent d’un passage en force qui fait craindre le pire pour le pays. Plus que jamais, la vigilance et la mobilisation doivent être de mise. Aujourd’hui, l’écrasante majorité du peuple algérien rejette toute démarche venant du pouvoir qui ne prend pas en compte ses revendications légitimes exprimées depuis le 22 février.”

Ramdane-Youcef Tazibt, Parti des Travailleurs   
“Cette solution est votée par un Parlement souillé”
 “Avant d’aborder la question de la forme en  l’installation de la composante de l’Autorité, il faudra plutôt plancher sur le problème politique de fond puisque le peuple algérien mène depuis sept mois une révolution contre un régime et un système politique qui a mis économiquement le pays à genoux. Contre un régime qui a plongé des millions d’Algériens dans la misère.

La situation s’est encore aggravée davantage après que l’accès aux services publics de base, les soins et l’école, a été remis en cause par ce même système. Aussi, le peuple n’a jamais exercé sa souveraineté populaire et ce, depuis l’indépendance à ce jour. Ce même système daigne aujourd’hui proposer des procédés et des solutions encadrés par des résidus du système que le peuple récuse à l’occasion de chaque référendum, chaque vendredi. Ces solutions sont votées par un Parlement souillé avec l’argent sale.

Ce même Parlement travaille au pas de charge au moment où le peuple réitère, chaque vendredi, l’exigence liée au départ de tous les symboles du système et la restitution du pouvoir au peuple. En outre, les modifications apportées à la loi électorale ne sont pas fondamentales. Les Algériens ont tout de même le droit de choisir la nature du régime qui va gouverner ce pays.

En outre, l’Autorité de surveillance des élections doit être, en définitive, l’émanation du peuple, à travers les partis politiques, les organisations syndicales, les comités de peuple, les comités universitaires. Le peuple algérien mène une révolution pour amorcer une véritable phase de transition sans les résidus du système.” 

HAKIM BELAHCEL, Premier secrétaire du FFS   
“L’Autorité ne fera que reproduire les fiascos électoraux précédents”
“L’installation de la commission nationale de surveillance des élections — l’Autorité nationale indépendante d’organisation des élections — est la démonstration que les décideurs sont résolument décidés à imposer au peuple algérien une élection présidentielle contre sa volonté et contre ses aspirations légitimes.

Cette politique du fait accompli ne fera qu’envenimer la situation politique dans le pays, qui est déjà assez dangereuse. Normalement, l’installation de cette Autorité devait être un des points cruciaux à examiner et à adopter dans le cadre d’un dialogue global, apaisé et inclusif. Malheureusement, ce dispositif électoral imposé à la hâte ne fera que reproduire les fiascos électoraux précédents avec leurs lots de fraude massive et d’abstention généralisée.”

Soufiane Djilali, président de Jil jadid 
“C’est un processus biaisé qui révèle la manipulation du peuple”
“En fait, cette Autorité nationale indépendante d’organisation des élections, présidée par l’ancien ministre de la Justice Mohamed Charfi, n’a d’indépendant que le nom, alors qu’il était question que cette instance de surveillance et d’organisation du scrutin électoral soit, en définitive, l’aboutissement d’un long processus de dialogue et de médiation. Malheureusement, cette  autorité est aujourd’hui désignée. Cette nomination semble être tout simplement le reflet d’une volonté de reconduire le même système avec les mêmes méthodes et avec les mêmes pratiques.

Ces pratiques augurent franchement un échec évident. Néanmoins, je rappelle qu’au début du processus de dialogue il était question d’un nombre de mesures devant accompagner ce processus, tels les mesures d’apaisement, l’ouverture des médias, le départ du gouvernement Bedoui. Au final, il faut souligner que c’est un processus biaisé qui révèle naturellement qu’il n’y avait aucune intention de changement ; c’était plutôt de la manipulation et ce, au détriment du peuple.”

Parti Talaie El-Houriat   
Réserves sur le caractère permanent de l’Autorité 
“Le bureau politique a relevé la prise en charge par le panel de la revendication unanime de l’opposition concernant la création d’une autorité électorale indépendante. L’Autorité électorale indépendante est maîtresse de l’ensemble du processus électoral dans sa préparation et  son organisation, comme dans son contrôle. Elle hérite des compétences électorales, autrefois dévolues à l’appareil politico-administratif, qui en usait et en abusait à sa guise. 

Le bureau politique du parti a toutefois formulé certaines observations, notamment sur le caractère permanent de l’Autorité au lieu d’un statut ad hoc spécifique au seul prochain scrutin présidentiel, dans la mesure où toute décision finale au sujet du mécanisme électoral relève, inévitablement, des réformes constitutionnelles et institutionnelles que le prochain président de la République engagera nécessairement. Le bureau politique a relevé toutefois le caractère pléthorique de la composante de l’Autorité, portée à 50 membres, qui risque d’alourdir et de rendre plus complexe et plus lente la prise de décision en son sein.”
 

Propos recueillis par : Hanafi H.

 

 


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