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562 d’entre eux ont été interceptés en l’espace de cinq jours

Ruée des harragas algériens vers l’Espagne

Le sort des harragas est souvent dramatique. ©D. R.

Selon les autorités ibériques, sur 962 personnes arrivées par mer depuis jeudi dernier, 562 sont des Algériens.

Plus d’un demi-millier de harragas algériens ont atteint les côtes ibériques, et ce, rien que durant cette semaine ! C’est l’information révélée par le ministère de l’Intérieur espagnol, relayé par l’AFP, qui déplore l’interception près des côtes de la ville de Murcie (sud-est de l’Espagne) d’un total de 962 migrants clandestins parmi lesquels figurent exactement 562 Algériens. “962 personnes sont arrivées par mer depuis jeudi 16 novembre, dont 562 Algériens. La moitié de ces migrants ont été interceptés non loin des côtes de Murcie, où ils ont été débarqués”, a précisé le ministère espagnol qui, s’avouant “débordé” par la situation, envisage de retenir une grande partie de ces migrants clandestins dans une prison de Malaga, faute de place suffisante dans les centres de rétention.
Cette option dénoncée par les ONG de défense des droits de l’Homme, a été encore défendue hier sur les ondes d’une radio locale, par le ministre Juan Ignacio Zoido. “Nous considérons qu'il est bien mieux que les immigrés soient dans un  centre (....) avec des moyens sanitaires, des douches, du chauffage, des lits, des salles de sport, que de les mettre dans des campements comme nous en avons vu dans d'autres pays.” Tels sont les propos tenus par le membre du gouvernement espagnol, également rapportés par l’AFP.
Avant-hier, faut-il le rappeler, 45 autres harragas algériens interceptés par les gardes-côtes libyens ont été remis aux services de sécurité algériens. Pas plus tard que samedi dernier, les unités des gardes-côtes des forces navales de l’Armée nationale populaire (ANP) ont procédé, en l’espace de 48 heures seulement, à l’interception et le sauvetage de 286 candidats à l’émigration clandestine à bord d’embarcations de fortune.
Il ne se passe, en effet, pas une semaine sans que les flots rejettent des cadavres de jeunes noyés le long des côtes de la Méditerranée ou que des centaines de candidats à l’émigration illégale ne soient sauvés par les forces navales des pays du pourtour méditerranéen. Les chiffres traduisant cette réalité font peur. Il va de soi que parmi ces victimes on compte des Algériens.
Selon les récentes statistiques de l’Organisation internationale pour les migrations, 17 687 migrants ont atteint l'Espagne par mer du 1er janvier au 15 novembre, contre 5 445 sur la même période de 2016, 114 000 sont arrivés en Italie et 25 000 en Grèce. Parmi ces migrants figurent plusieurs centaines d’Algériens. C’est dire l’ampleur que prend ce phénomène. L’État algérien est allé, il y a quelques années, jusqu’à criminaliser les opérations de harga, dans l’espoir de dissuader les candidats à l’émigration clandestine de tenter cette aventure dangereuse. Le phénomène des harragas est ainsi “passible d’une peine pouvant aller jusqu’à six mois d’emprisonnement”. Mais, visiblement, ce changement dans la législation n’a pas pesé sur le cours des événements et les flux de migrants se sont poursuivis sans discontinuer.
Si l’exode des populations de nombreux pays d’Afrique est plus ou moins justifié notamment par la dégradation de la situation sécuritaire et de l’instabilité, il est, en revanche, plus difficile de comprendre la “harga” en masse des Algériens, même après le retour relatif de la sécurité dans le pays.
Mais alors, qu’est-ce qui fait fuir autant d’Algériens, même après le retour de la sécurité dans le pays ? La situation économique reste la première cause qui pousse de nombreux Algériens à rêver de l’eldorado occidental, certes, mais pas seulement. Pour nombre d’observateurs, l’impasse politique qui floute l’avenir du pays constitue aussi l’une des causes qui découragerait de nombreux Algériens à rester au pays.
Désormais, le phénomène touche quasiment toutes les catégories sociales et tous les âges confondus. Ce qui n’était pas le cas auparavant, y compris durant la décennie noire…

Farid Abdeladim


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