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Appel à la grève générale sur les réseaux sociaux

Rumeurs, manipulations et inquiétude

L’appel à la grève générale à travers le pays n’a été que partiellement suivi. ©D. R.

Le malaise qui s’est emparé de la société, sous le double effet des mesures d’austérité et de la hausse des prix, constitue, certes, un terreau propice à la montée des tensions sociales.

La folle rumeur annonçant une grève générale à travers le pays pour dénoncer la cherté de la vie et les augmentations des prix découlant de l’application de la loi de finances 2017 n’a finalement pas eu d’écho à travers le pays comme craint par l’opinion puisque, en dehors de quelques poches, notamment à Béjaïa où la situation a dégénéré en affrontements, ainsi qu’à Bouira et à Constantine, la journée d’hier a été plutôt calme. Cela dit, de nombreuses questions fusent quant au tapage qui a accompagné le début de la nouvelle année, surtout que les réseaux sociaux se sont rapidement emballés ces derniers jours répercutant une rumeur dont on ne connaît pas du tout les tenants et encore moins les aboutissants. Ce qui a contribué à créer une ambiance de veille de révolte annonçant troubles et mouvement social au point que beaucoup d’observateurs ont rapidement fait le lien avec la lourde atmosphère qui a précédé les sanglants événements d’Octobre 88. Mais comment une rumeur, dont on ne connaît aucunement l’origine, a-t-elle pu, en un temps record, gagner les esprits, provoquant une profonde inquiétude chez les citoyens qui se sont rués sur les commerces de détail pour faire des réserves de nourriture en prévision d’une prétendue vaste grève générale ? Les commerces ont, en effet, été pris d’assaut par des citoyens qui ont agi de manière presque machinale contribuant à la propagation de la folle rumeur et crédibilisant, parfois même, l’imminence d’un mouvement d’agitation sociale qui dicte de prendre ses précautions en stockant victuailles et autres produits alimentaires.
Certes, le malaise qui s’est emparé de la société, sous l’effet de la baisse drastique des recettes pétrolières et son lot de mesures d’austérité et de hausse des prix qu’elle a provoqué et matérialisé par la loi de finances 2017, constitue un terreau propice à la montée des tensions sociales. Une évidence pour beaucoup. Mais cela ne pourrait expliquer à lui seul la célérité avec laquelle une simple rumeur s’est propagée, d’abord sur les réseaux sociaux avant de gagner la société qui, harcelée par la hausse des prix des produits de première nécessité, depuis des mois déjà, a facilement cru à une action pacifique organisée pour dénoncer la cherté de la vie. Comment expliquer toutes ces affiches collées sur les murs de certains quartiers et villages de plusieurs régions du pays appelant à une grève générale du 2 au 7 janvier et relayée par les réseaux sociaux ? L’appel a d’ailleurs été largement repris sur le Net avec parfois, à l’appui, de fausses images d’émeutes, d’affrontements ou tout simplement de commerces fermés. Le fait que les organisations professionnelles représentant les commerçants aient démenti toute implication dans ces appels ne fait qu’accréditer cette hypothèse qu’une main invisible alimenterait le mécontentement général à des fins de déstabilisation sociale.
Le seul cas où un appel au débrayage des commerçants a été effectué de manière publique et transparente est celui enregistré récemment à Tizi Ouzou. Ses auteurs avaient, en effet, rendu publique une plateforme de revendications autour de préoccupations socioprofessionnelles propres à la corporation. Un appel qui a finalement trouvé un écho favorable auprès des autorités locales qui ont invité les représentants des commerçants au dialogue, mettant ainsi fin au mouvement de protestation enclenché quelques jours auparavant. Ailleurs, les choses ne se sont pas déroulées de manière aussi claire. On ne connaît, en effet, ni la source de la rumeur, ni ses auteurs et encore moins les revendications et motivations y afférentes. Dans une situation sociale aussi compliquée que celle que traverse actuellement le pays, la probabilité d’une manipulation, dont il s’agit de situer l’origine, apparaît plus que plausible.

Hamid Saïdani


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