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A la une / Actualité

Terrorisme, immigration clandestine et crime organisé

Sahel : le maillon faible dans la lutte sécuritaire

Le Sahel, une région aux enjeux multiples. © D.R.

Les États ne disposent ni de forces militaires formées et équipées ni de plan stratégique pour assécher “ce gisement” de radicalisation à travers notamment des projets de développement.

Toutes les analyses et tous les constats sur le Sahel convergent vers une évolution sombre de la situation. Ce n’est pas encore le chaos, mais un scénario du pire n’est pas à écarter tant que des mesures sécuritaires, sociales et économiques ne sont pas prises par les États de la sous-région qui, par ailleurs, ont, plus que jamais, besoin du soutien de la communauté internationale.
Cette situation s’est développée particulièrement depuis 2012 avec les attaques du MNLA au nord du Mali déjà marqué par la présence de groupes terroristes. La crise libyenne a favorisé naturellement l’éclosion de plusieurs groupuscules radicaux grâce à la disponibilité des armes. La faiblesse des États a, également, encouragé toutes les formes de criminalité alors que la pauvreté a constitué le terreau où ces groupes puisent leurs effectifs.
Pour y faire face, les États ne disposent ni de forces militaires formées et équipées ni de plan stratégique pour assécher “ce gisement” de radicalisation à travers notamment des projets de développement. La chute de Kadhafi et celle de Kidal ont renforcé les groupes terroristes qui ont établi des connexions donnant à leurs activités une envergure internationale.
Des pays, jusque-là épargnés par le phénomène, sont ciblés et pris dans la spirale de la violence. Le nombre de réfugiés, dans les pays voisins, a explosé. L’insécurité en est la première raison, mais aussi la pauvreté et la misère. Des contingents quittent leurs pays en quête d’une vie décente, particulièrement en Europe en traversant des zones à haut risque comme la Libye, le Nord-Mali, pour rejoindre l’Algérie considérée comme une porte vers le Vieux continent. L’intervention militaire française au Mali n’a pas résolu le problème, parce qu’elle est une réponse purement sécuritaire à une problématique complexe. Même le président français Emmanuel Macron n’a pas dérogé à la “culture de la françafrique” de ses prédécesseurs en ne préconisant que le remplacement, à terme, des forces françaises de l’opération Barkhane, par la force G5 Sahel. Une alternative militaire qui évacue la question fondamentale du développement qui est un facteur de stabilisation des populations, de sécurisation et, partant, de la réduction des flux migratoires. La stratégie commune adoptée par l’Algérie et les pays du Sahel, qui conjugue sécurité et développement, a été torpillée par les interférences étrangères qui ont accentué les pressions sur ces États et, indirectement, sur la population dont le destin est resté le même, sinon pire, coincée entre le fardeau de la pauvreté et la menace terroriste. Le Sahel est ainsi devenu, à l’instar de l’Irak et de la Syrie, un grand pourvoyeur de migrants. Les perspectives, selon les schémas élaborés par les puissances occidentales, ne plaident pas pour une véritable sortie de crise à court terme. D’autant plus que la situation continue de se dégrader, certains analystes, plutôt pessimistes, entrevoient le chaos si les choses restent en l’état et que les puissances ne révisent pas leurs options d’aide pour cette région. Déjà fragilisé par la situation économique, le manque de ressources financières, le Sahel, déjà maillon faible, risque de se transformer en bombe à retardement dont l’impact sera directement ressenti en Europe. Et ce ne seront ni les centres de rétention ou un quelconque rempart installé en poste avancé dans les pays de la rive sud de la Méditerranée qui pourraient empêcher l’exode massif.


Djilali B.


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Brahms le 16/07/2018 à 14h03

Pour développer l'Afrique, il faut à minima 5 000 milliards de dollars avec de très grand projet pour intégrer les citoyens dans un tissu économique porteur. Mais si vous mettez à la marge les citoyens au profit Caste, vous aurez des contres - pouvoirs qui vont se développer comme une maladie (terrorisme, insécurité, viols, cambriolages, trafics en tous genres)car les citoyens seront frustrés (pas de logement, pas de travail, pas de mariage, pas d'argent) donc aucun sens à la vie.

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