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Santé publique : le bras de fer avec la justice

©D.R

La Cour de Djelfa a rejeté la demande de liberté provisoire du Dr Ouali détenue depuis le début du mois en cours dans le cadre de l’enquête sur le décès d'une femme enceinte vers la fin du mois de juillet dernier. Un fait jugé « regrettable », par le corps médical. D’ailleurs, le Conseil régional de l’Ordre des médecins de Blida a déploré profondément dans un communiqué mis en ligne le 20 août, « cette décision et réitère auprès de l’autorité judiciaire concernée sa demande de mise en liberté. » Il est également ajouté que « le Dr. Ouali, n’ayant d’une part aucune responsabilité pénale dans le décès de la parturiente de Djelfa et d’autre part quel que soit le ou les motifs de sa mise en examen, son maintien en détention reste incompréhensible ».

Pour rappel, une femme de 23 ans est décédée le mercredi 26 juillet, quelques heures après avoir accouché d’un mort-né dans la voiture, pour un refus de prise en charge au niveau des trois hôpitaux. Les faits se sont déroulés à Ain-Oussara, Hassi-Bahbah et Djelfa, et qui ont fait d’ailleurs réagir le ministère de la santé et de la réforme hospitalière, à travers un communiqué. « Toute personne ayant fait preuve de négligence et de laisser-aller dans cette affaire sera sévèrement sanctionnée à la lumière du rapport définitif que remettra la commission d’enquête, et ce, parallèlement à l’action en justice en cours », est-il indiqué. Tout en rappelant qu’, « immédiatement après la survenue des faits, le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, a dépêché sur place une commission d’enquête constituée de trois inspecteurs et d’un professeur en gynéco-obstétrique chargés de faire toute la lumière sur tous les aspects administratifs, organisationnels et médicaux de cette affaire ».

Mais quelle est la position de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des femmes qui meurent encore pendant la grossesse et l’accouchement ? « Les femmes ne doivent pas mourir en donnant la vie. Il importe que les jeunes femmes reçoivent l'information et le soutien dont elles ont besoin pour gérer leur santé reproductive, qu'elles bénéficient d'une aide tout au long de leur grossesse et que des soins soient prodigués à la mère ainsi qu'à l'enfant pendant les premières années de sa vie.

La grande majorité des décès maternels pourraient être évités si les femmes avaient accès à des services de planification familiale de qualité, à des soins qualifiés pendant la grossesse, l'accouchement et après la naissance ou à des services ad hoc après un avortement ainsi qu'à la possibilité d'avorter dans conditions de sécurité lorsque cette intervention est autorisée par la loi », peut-on lire dans le site de l’institution.

Par ailleurs, les médecins ne cachent pas leur désarroi face à cette situation, qu’ils jugent d’ « injuste ». C’est à l’instar du Dr. Salah Eddine Laalaoui, pédiatre en retraite qui a publié un post titré : « lettre à mon peuple ».

« Une femme et son enfant sont morts par manque de soins. C’est insupportable et très condamnable. Moi, qui suis un pur produit de ce peuple, de bout en bout, vous dis que vous ne pouvez pas vous imaginer la peine que peut ressentir un médecin quand un tel événement arrive. Durant ma longue carrière, j’ai vu mes aînés pleurer dans de telles situations, mes collègues aussi. Ce n’est pas l’apanage de notre génération. Mes étudiants que j’ai côtoyés durant toutes ces longues journées, et surtout nuits, et qui sont devenus médecins, spécialistes ou non, n’ont pas moins d’humanisme ! J’en ai vu qui ont déprimé ».

Parallèlement, une pétition a été mise en ligne le 14 août rassemblant moins de 1000 signatures.

Une autre publication encore fait le tour du web appelant les médecins à se respecter pour être respectés.
« Pas de social, pas de certificat de complaisance, pas d'arrêt de travail illégal, pas de consultation par téléphone, pas de consultation sur Facebook, pas de consultation dans les pharmacies, pas de consultation dans les cafés, les salles de fêtes, salons de coiffure..... Etc. Votre griffe est personnelle, ne la laissez pas traîner chez les autres, ne mettez pas votre cachet sur une ordonnance que vous n'avez pas rédigée, pas d'ordonnance sans date, pas d'ordonnance post datée, que le nom du malade sur l'ordonnance, n'interprétez pas un bilan que vous n'avez pas demandé. La médecine est une science qui évolue, mettez-vous à jour, apprenez l'anglais et le français, la langue est le contenant la médecine est le contenu et sans langue vous serez accablés. Ne vous rabaissez pas essayez d'avancer et ne voyez pas derrière, personne ne peut se mettre à votre place et personne ne peut comprendre ce que vous endurez même vos parents et vos enfants. Vous travaillez dans une société difficile qui vous met tout le temps sous la loupe et la moindre faute est impardonnable. Respectez votre métier et tout l'honneur vous sera donné. »

Imène AMOKRANE

@ImeneAmokrane

Publié dans : santé

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