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Il gèle son instruction sur la vente d’alcool

Sellal désavoue Benyounès

Abdelmalek Sellal, Premier ministre, et Amara Benyounès, ministre du Commerce. ©Newpress

Il a suffi d’une campagne des islamistes sur les réseaux sociaux, assortie d’une menace de battre le pavé pour que le Premier ministre fasse une concession et désavoue brutalement le ministre du Commerce.

C’est un véritable camouflet que vient de subir le ministre du Commerce, Amara Benyounès.  Son instruction relative à la vente en gros de boissons alcoolisées n’a pas eu le temps d’être mise en application qu’elle a été gelée par le Premier ministre, vraisemblablement instruit de faire ainsi pour contenter les islamistes qui éructent de colère depuis l’annonce de la mesure de Benyounès. Abdelmalek Sellal a pris, dimanche, la décision de geler l’instruction  en question, a-t-on appris d’une source proche du gouvernement.
Et c’est hier, mardi, que le Premier ministre a effectivement instruit, a affirmé notre source, le ministre du Commerce de surseoir, jusqu’à nouvel ordre, à l’application de l’instruction qui a provoqué une levée de boucliers islamiste, laquelle s’est trouvée relayée et amplifiée, faut-il le noter, par certains médias à forte audience. Dès l’annonce de l’instruction de Benyounès, les islamistes se sont mobilisés pour la dénoncer. Ils ont mené une campagne soutenue sur les réseaux sociaux.
Des prédicateurs s’y sont mêlés, certains appelant même leurs ouailles à battre le pavé vendredi. Des imams se seraient également donné le mot pour y réserver leurs prêches du vendredi. Il ne fallait pas plus pour faire abdiquer le gouvernement, dont la cohésion se trouve désormais mise à l’épreuve. De plus, le Premier ministre a motivé sa décision de geler l’instruction d’Amara Benyounès par le besoin d’un réexamen dans un cadre multisectoriel et à l’aune des lois de la République. Autrement dit, il est reproché au ministre du Commerce d’avoir péché par approximation dans la prise de l’instruction du 19 février, à travers laquelle il mettait un terme à la demande d’autorisation en matière de commerce en gros de boissons alcoolisés.
 C’est à peine si les services du Premier ministère n’ont pas reproché au ministre du Commerce de n’avoir pas été scrupuleux avec les textes de loi en vigueur. Le désaveu pour Amara Benyounès est d’autant plus significatif que lui-même avait expliqué, la veille, que son instruction se proposait de rétablir la légalité bafouée par son prédécesseur en poste, Hachemi Djaâboub. Le ministre du Commerce soutenait, dans notre édition d’hier, que sa démarche poursuivait “d’annuler toutes les instructions qui étaient illégales et qui ont été prises sans un ancrage juridique”. Plus haut, on ne semble pas l’avoir entendu de cette oreille.
Assurément, pour ne pas avoir à subir leur agitation annoncée, en ces moments d’incertitudes politiques et de difficultés économiques, le gouvernement a préféré faire une concession aux islamistes, accablant, du coup, un de ses membres, en l’occurrence le ministre du Commerce qui ne rate pas l’occasion de reprocher à l’opposition démocratique de frayer avec les islamistes.
Avec ce gel de son instruction, il se découvre lui-même faisant partie d’un gouvernement et, donc, d’un pouvoir loin d’être innocent s’agissant de la fréquentation, sinon la composition avec les islamistes.
L’ignore-t-il, d’ailleurs ?  Se réclamant de la périphérie du cercle présidentiel, Amara Benyounès ne devrait certainement pas ignorer cette autre décision prêtée au président de la République de faire agir le tiers présidentiel au Sénat (le tiers bloquant) afin de rejeter, avec le concours des sénateurs de l’alliance gouvernementale, le projet de loi relative aux violences faites aux femmes voté récemment par l’APN.
La décision de le bloquer au niveau de la chambre haute du Parlement est une fleur qui sera faite aux islamistes qui ont jasé contre ledit projet, le jugeant contraire aux préceptes de l’islam. Dans son discours, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le président Bouteflika avait laissé entendre qu’il accéderait à la demande islamiste. Mais ces concessions sont loin d’être les seules illustrations de la connivence entre le pouvoir et les islamistes.
Chef terroriste repenti, Madani Mezrag a compté parmi les convives d’Ouyahia au moment des consultations autour de la Constitution… à titre de personnalité nationale.

S .A. I.


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2 réactions
franchise le 15/04/2015 à 10h51

-En algerie ,on a pas besoin des videos HD de daech,et de serment de predicateur wahabite pour renforcer le rang de terroristes ,car des gens comme Amara ben younes font un excellent travaille dans ce sens.Avec tout les chantiers qu'il aurait pu ouvrir et regler dans son departement,il a choisi faire dans le sensationnel et la controverse.c'est une admission d'incompetance et un avis d'echec dans sa mission de ministre de commerce.

muhand le 15/04/2015 à 11h16

N'est pas homme qui veut. Benyounes le ministre s'il avait un peu de rejla de nos aïeux aurait répondu par une démission le jour même où Sellal s'est moqué de lui en le désavouant. (...) Le pays est dirigé par des hypocrites affamés.

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