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Me Ali Yahia Abdenour à Tizi Ouzou

“Seule la transition permettra le recouvrement de la souveraineté populaire”

©Liberté

L’nfatigable militant des droits de l’Homme, Me Ali Yahia Abdenour, qui a animé, hier, une conférence-débat à l’auditorium de l’université de Tizi Ouzou n’a pas, une fois de plus, été tendre avec le régime de Bouteflika dont il a critiqué le règne, son conflit avec les militaires et la nécessité d’une transition démocratique.  
“Depuis 62, lorsque l’armée des frontières a remplacé le colonisateur, il n’y a ni souveraineté ni citoyenneté en Algérie. L’Algérien n’a jamais vécu en tant que citoyen mais plutôt en tant que sujet”, a déclaré d’emblée Me Ali Yahia Abdenour, ajoutant que “l’Algérie est un pays de dictature où c’est toujours l’armée qui est au pouvoir”. Les raisons du mal sont profondes, a-t-il estimé. “Parce qu’à l’Indépendance, l’Algérie n’appartenait plus à ceux qui ont déclenché la Révolution, mais à ceux qui l’ont terminée et qui en ont fait leur propre butin et qui ont faussé la trajectoire que devait prendre le pays”, a-t-il expliqué.
Pour lui, on a voulu instaurer le socialisme et on a fini par instaurer un capitalisme d’État, et pire encore, on a mélangé le socialisme national avec le nationalisme social, c'est-à-dire instaurer une dictature. “Aujourd’hui, les choses ne vont guère mieux : nous sommes toujours dans la dictature, il n’y a ni élections libres, ni Parlement, ni séparation des pouvoirs, ni citoyenneté. Seule la transition démocratique peut permettre le recouvrement de la souveraineté populaire et la citoyenneté par le peuple algérien”, a estimé Ali Yahia Abdenour qui plaide pour la mise en place d’une commission qui se chargera de la préparation d’élections libres, honnêtes et transparentes et l’application de l’article 88 de la Constitution pour déclarer l’incapacité de Bouteflika à continuer à gouverner.
Sur ce dernier point, le conférencier estime qu’il y a la logique, le bon sens puis la loi qui veut que lorsque le Président est incapable d’assumer ses fonctions au bout de 45 jours, le Conseil constitutionnel se réunit de droit pour appliquer l’empêchement. Mais, a-t-il déploré, Bouteflika a été hospitalisé pendant 80 jours en France sans que rien n’ait été fait.
“Bien au contraire, à son retour, Bouteflika, qui savait que le DRS n’était pas de son côté, a vite fait de l’affaiblir en l’amputant de ses trois directions les plus sensibles qu’il a placées sous tutelle de l’état-major de l’armée”, explique encore Me Ali Yahia. Du coup, le problème de la succession à Bouteflika est toujours posé, selon lui.
“Le Président veut préparer sa succession et il a misé sur le général Hamel qu’il voulait propulser au sommet mais ses adversaires ont vite fait de faire sortir la police dans la rue pour exiger son départ. Finiront-ils par s’entendre sur la succession ? Pour le moment, les positions sont encore très éloignées les unes des autres”, a-t-il souligné. Bouteflika a pour habitude de “jouer la carte de l’usure”  pour imposer sa volonté, a-t-il indiqué, mais cette fois-ci “l’usure joue contre lui”.
Évoquant le FFS, Me Ali Yahia a déclaré que ce parti “a été utilisé pour amuser la galerie et permettre à Bouteflika de gagner”. Optimiste, il a conclu en affirmant que l’alternance finira par avoir lieu en Algérie.

S. L.


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