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A la une / Actualité

Abdelkader Saâdallah, Dr en Géosciences, avertit

“Si la nappe phréatique est touchée, il sera impossible de la dépolluer”

©D. R.

Liberté : L’association environnementale shams (Soleil) d’In Salah dénonce la réinjection dans le sol de l’eau extraite du gaz naturel par Sonatrach et ses associés étranger (BP et Statoil), au niveau d’un champ gazier situé à seulement une trentaine de kilomètres de cette ville du Sud. D’après l’association, cette eau serait très salée et surtout fortement contaminée par les produits chimiques utilisés pour l’extraction du gaz. Selon vous, quel impact aura une telle opération sur l’environnement ?

Abdelkader Saâdallah : Je ne dispose pas de données précises sur ce qui se fait exactement, par exemple, quel est le puits qui est utilisé pour l'injection ? Sa localisation exacte ? La série lithologique traversée par ce puits ? À quel niveau se fait l'injection ? Depuis quand cette opération se déroule ? Est-ce que le fluide injecté a été observé dans les puits environnants ? Quelle est la quantité de fluide injectée par jour ? Quelle est la nature du fluide ? Et la source de ce fluide ainsi que les produits ajoutés à ce fluide ? Et donc je ne pourrais donner des éléments de réponse exacts. Néanmoins, en général on réinjecte des fluides, comme les gaz des puits producteurs de gaz ou de pétrole, où l'eau que l'on puise d'une autre source, dans des niveaux et endroits précis du réservoir pour augmenter la production. Pour le cas du Sahara et surtout des régions comme In Salah, le danger numéro 1 est la contamination des eaux souterraines du Sass (Système aquifère du Sahara septentrional). On sait qu'il y a eu réinjection de gaz carbonique dans le gisement d'In Salah, mais là encore je ne dispose pas d'informations précises sur ce point.

Selon l’association, la réinjection aurait déjà commencé. Ne pensez-vous pas que la catastrophe écologique serait déjà provoquée ? Si c’est le cas, que doit-on faire pour décontaminer les lieux ?
La catastrophe existe-elle déjà ? Je ne sais pas. Mais je pose la question : est-ce que des capteurs sont installés et surveillés pour signaler les premiers signes ? Les premières sirènes d'alarme ? En quelque sorte des puits moniteurs.

Existe-t-il des techniques adéquates pour éviter les dégâts à l’avenir ?
Les seules techniques, à ma connaissance, c'est de faire très attention en élargissant la discussion et la surveillance, ne pas la laisser seulement entre les compagnies pétrolières opérant sur place.
Que le programme soit connu par d'autres scientifiques, indépendants, et s'assurer que des capteurs adéquats soient sur place avant que la réinjection s'opère. Car une fois que la pollution se propage dans les nappes du Sass, il sera pratiquement impossible de dépolluer.

Entretien réalisé par : Farid Abdeladim


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