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A la une / Actualité

Réunion de la commission exécutive de l’UGTA à Oran

Sidi-Saïd sur la défensive

©D. R.

C’est un Sidi-Saïd visiblement fatigué qui est apparu, hier matin, à l’ouverture des travaux de la 3e session de la Commission exécutive nationale (Cen) de l’UGTA, tenue au Méridien d’Oran, en présence du ministre du Travail, Mourad Zemali. Dans un discours de plus d’une heure, le patron de l’UGTA, en place depuis 1997, n’avait pas la pugnacité habituelle comme ce fut le cas lors des festivités du 24 Février et de la réunion du Comité national des femmes syndicalistes qui avait eu lieu au même endroit, au cours desquels, il avait lancé son appel pour un 5e mandat de Bouteflika. Et à bien écouter son allocution, tout était en réaction aux agitations internes qui secouent la Centrale syndicale et au mouvement de redressement qui le vise. D’ailleurs, Sidi-Saïd emploiera nombre de fois le terme d’“agitateurs” pour désigner les redresseurs, représentés par Mohamed-Tayeb Hamarnia, les qualifiant de “ceux qui soufflent aux oreilles des travailleurs et des membres de l’organisation pour les pousser à se révolter”. Dans la salle, le ressenti n’est pas à l’engouement ostentatoire comme la Centrale nous y a habitués par le passé. Preuve en est, les applaudissements qui ne fusaient pas de tous les rangs où ont pris place les 181 membres de la CEN. Sidi-Saïd, adoptant une posture défensive, cherchera constamment à justifier sa position, répondant aux accusations des redresseurs qui évoquent une “UGTA absente du terrain et qui s’est éloignée  du combat syndical”. Ce à quoi, il rétorquera qu’“on nous critique parce que nous disons que nous sommes pour la paix et la stabilité sociale, et celui qui défend cette ligne devient un criminel. Personne ne parviendra à nous pousser vers la contestation, la violence et personne ne doit nous déstabiliser”. Il estimera aussi que le dialogue et la concertation sont les seuls moyens de “préserver la paix sociale et de confirmer les acquis sociaux pour les travailleurs”. Par ailleurs, il s’adressera directement aux délégués et aux organes exécutifs de la Centrale affirmant que “l’UGTA ne dort pas ! Ce n’est pas une fuite en avant, c’est de la sagesse”, indiquant que le respect des lois “est une grande responsabilité dont nous faisons preuve et nous n’avons aucun complexe à dire que nous sommes les artisans de la paix et de la stabilité sociale”. Plus loin, il justifiera cette “politique” de proximité avec les autorités, présentant la Centrale comme le seul syndicat reconnu. Bien des vocables seront utilisés par Sidi-Saïd à l’endroit des leaders du mouvement de redressement, les traitant d’“agitateurs, hypocrites, personnes ayant un complexe de supériorité”, alors que pour lui, tout doit se discuter en interne et que “ceux qui veulent se révolter, qu’ils sortent”. Mais à la fin de son discours s’adressant au ministre, il lancera : “Là, c’est l’officiel, mais après, entre nous, ce sera différent et houleux.” D’ailleurs, les travaux de la CEN se tiendront dans un huis clos strict, avec le refus total de Sidi-Saïd de s’exprimer devant les journalistes. Le secrétaire général de la Centrale syndicale n’a pas à s’en faire. La CEN n’a pas attendu la fin de ses travaux pour lui renouveler son soutien. En effet, avant même l’entame des travaux de cette 3e session de la Commission exécutive nationale, une déclaration confortant Sidi-Saïd a été lue devant les présents. Elle sera, d’ailleurs, remise au ministre du Travail. Son contenu salue Sidi-Saïd  et le secrétariat national de l’UGTA pour “son rôle pérenne dans la prise en charge des questions sociales et économiques”, évoquant, plus loin, “la démarche civilisationnelle fortifiant la paix et la stabilité”. Le ministre du Travail, qui a pris la parole devant la CEN, a, dans son discours, repris beaucoup de passages du dernier message du chef de l’État. Et c’est en toute fin de cérémonie officielle qu’une fois encore, un membre de l’UGTA sera désigné pour lancer, au micro, l’allégeance au chef de l’État et le fameux “nous sommes avec lui pour un 5e mandat”.

D. Loukil


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