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A la une / Actualité

Elle décide d’intégrer des opérateurs locaux dans ses projets

Sonatrach ouvre un marché de 14 milliards de dollars

Le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, hier, lors d’un point de presse au CIC, à Alger. ©Zitari/Liberté

Le niveau d’intégration à Sonatrach se situe légèrement au-dessus de 20%, alors qu’il est de 80% au Brésil et de 70% en Malaisie.

Sonatrach met le cap sur le développement de l’intégration nationale dans ses futurs projets de développement, en misant sur un accès plus important des opérateurs locaux à ses marchés dominés aujourd’hui par les entreprises étrangères. En d’autres termes, Sonatrach invite les sociétés algériennes à participer à la réalisation  de ses futurs projets de développement, à la fabrication d’équipements, semi-produits, pièces de rechange et matières premières pour ses besoins. Le P-DG de la compagnie, Abdelmoumen Ould Kaddour a détaillé cette ouverture et précisé les objectifs de Sonatrach au cours du point de presse qu’il a animé, en marge des journées sur les opportunités d’investissement pour les entreprises qui se sont ouvertes hier au CIC, à Alger. Il s’agit d’atteindre un taux d’intégration dans ses projets ou dans ses plans de développement de l’ordre de 55% à l’horizon 2030, ce qui correspond à une économie de devises de 14 milliards de dollars.
Ce montant équivaut aux marchés dont pourraient bénéficier les entreprises algériennes dans la réalisation, les études, la fourniture   d’équipements produits localement, la maintenance dans le cadre de la réalisation des futurs projets ou des plans de développement de Sonatrach. Il correspond à l’effort propre des entreprises algériennes d’ici à 2030 qui est appelé  ainsi à s’intensifier.
En ce sens, le ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, a souligné, dans son allocution d’ouverture de ces journées, la volonté de son secteur de faire participer davantage les entreprises locales dans la mise en œuvre du   plan de développement de Sonatrach. “Il est inadmissible qu’aujourd’hui encore la participation des entreprises nationales dans les activités de Sonatrach se limite aux travaux de gardiennage, de catering et de transport du personnel. Il est temps que le génie local s’exerce dans des activités plus complexes engendrant une meilleure valeur ajoutée”, a-t-il affirmé. Le ministre a ajouté que “cette intégration nationale devrait privilégier la fabrication par les entreprises algériennes des équipements industriels des plus simples aux plus complexes qui sont aujourd’hui importés”. Il est à noter que le niveau d’intégration à Sonatrach est actuellement dérisoire.
Il se situe légèrement au-dessus de 20%, a indiqué Fahim Atik, le directeur de la réglementation à Sonatrach. Si pour la construction (génie civil), le montage d’installations, le taux d’intégration est élevé, l’essentiel étant réalisé par les entreprises algériennes, en revanche, pour notamment l’ingénierie, la réalisation d’installations industrielles comme les usines de traitement, la fabrication d’équipements essentiels, elles relèvent toujours principalement de sociétés étrangères, a précisé M. Hamoudi Bouhaddouda, conseiller du P-DG de Sonatrach. Au Brésil, ce taux est de 80%, en Malaisie de 70%, grâce au soutien de l’état, a ajouté Fahim Atik.
Concrètement, au plan développement de Sonatrach 2019-2023 d’un coût de 59 milliards de dollars, dont 45,8 milliards de dollars pour l’exploration-production, 8,6 milliards de dollars dans le raffinage et la pétrochimie, 65% du montant global sera en devises, soit la part des transferts en monnaies étrangères pour les travaux, l’ingénierie, les équipements et les matières premières importées de l’étranger, a confié en marge de la rencontre un haut responsable de Sonatrach, d’où l’enjeu de cette politique d’intégration.

“20% d’intégration à Sonatrach, 80% au Brésil et 70% en Malaisie”
Le P-DG de la compagnie nationale des hydrocarbures, Abdelmoumen Ould Kaddour, a indiqué que l’ingénierie représente 12% du montant d’un projet de développement pétrolier et gazier de Sonatrach. C’est un domaine réservé essentiellement aux sociétés étrangères. Il a reconnu qu’il reste le maillon faible de la compagnie pétrolière nationale. Sonatrach tente de renforcer ses filiales spécialisées dans ce domaine et de conclure des partenariats avec des sociétés étrangères en vue de réduire cette dépendance.
Farid Ghezali, le vice-président stratégie, planification et économie de Sonatrach a rappelé  que cet objectif d’intégration de 55% fait partie de la statégie Sonatrach 2030. L’augmentation  du taux d’intégration participe à la réalisation des objectifs de croissance de la compagnie pétrolière nationale, a-t-il ajouté. Cette politique vise à réduire également les coûts des projets. Mais cette démarche risque d’être freinée si les entreprises algériennes dans le secteur des hydrocarbures ne répondent pas aux exigences des cahiers des charges : respect des délais, des coûts et de qualité des produits ou services aux standards internationaux, notamment. Pour éviter que l’entreprise échoue, Sonatrach s’engage à accompagner les sociétés algériennes pour qu’elles répondent à ces impératifs et qu’elles participent davantage au plan de développement de la compagnie, a insisté le P-DG de Sonatrach. Le programme de promotion du contenu local dans les plans de développement de Sonatrach se décline en l’identification, dans une première étape, du potentiel industriel existant susceptible de s’impliquer dans la réalisation de ses projets. Une organisation et une structure dédiée à ce projet de développement du contenu local seront mis en place. Dans la foulée, la compagnie compte réviser ses procédures de passation des marchés pour inclure le contenu local dans le cahier de charges. Par exemple, il est prévu d’obliger les associés à choisir les sous-traitants locaux ou à retenir les biens et équipements fabriqués localement dans la réalisation de leurs projets en partenariat avec Sonatrach. Elle est prête à étudier les recours des entreprises locales qui ne réussiront pas à remporter ses marchés et de les aider à améliorer leurs capacités ou leur offre de manière à ce qu’elles parviennent à gagner les futurs contrats proposés par la compagnie.
Pour montrer que cette politique ne se résume à des intentions mais à des actes, Sonatrach a signé, hier, huit contrats avec des entreprises nationales dans le cadre de cette démarche. Mais il convient d’admettre qu’atteindre les 55% reste une entreprise de longue haleine dont la réussite dépend en partie de facteurs exogènes : l’amélioration du climat des affaires, les incitations de l’État…

K. Remouche


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