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le ministre de l’énergie exclut l’appel d’offres pour l’exploration

Sonatrach : porte ouverte au gré à gré

Noureddine Boutarfa, ministre de l’Énergie. © D.R.

Cette procédure est considérée comme favorable à la corruption.

“Le contexte actuel de baisse des prix ne nécessite pas de lancement d’appels d’offres pour les projets pétroliers. Il est préférable que l’investissement soit fait dans un cadre de participation et de partenariat”, a indiqué, lundi, à Bouira, le ministre de l’Énergie, Noureddine Boutarfa. Cette déclaration remet en question l’éventualité du lancement du 5e appel d’offres, pourtant inscrit par Alnaft dans son plan d'action de 2017.
Le lancement du 5e appel d’offres était prévu durant le 3e trimestre 2015 avec une amélioration du cadre contractuel de l'offre. Une annonce qui n'a été suivie d'aucune action tangible, si ce n’est une valse de P-DG qui s’est opérée depuis.
Il faut dire que les IDE dans les hydrocarbures demeurent insuffisants, ce qui laisse supposer que le domaine minier national  n’est pas suffisamment attractif et présente des risques qu’appréhendent les compagnies étrangères. Depuis la promulgation de la loi 05-07 amendée en 2006 et 2013, l’Algérie a lancé quatre appels d’offres pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures qui se sont soldés par de maigres résultats. Le premier appel d’offres lancé en 2008 a débouché sur l’octroi de quatre blocs, le second organisé en 2009 s’est soldé par l’attribution de trois blocs et seulement six blocs attribués pour les deux derniers appels lancés en 2011 et 2014. Ce qui incite à se questionner si cette situation ne pousse pas les pouvoirs publics à contourner la lourdeur de la procédure des appels d’offres pour se tourner systématiquement vers le gré à gré ? Ce n’est pas la première fois que cette question de l’adoption du gré à gré est mise en avant. En effet, grâce aux amendements de la loi sur les hydrocarbures de 2013, Sonatrach peut, de gré à gré, conclure des accords avec des compagnies étrangères dans l’exploration et le développement de gisements.
Par ailleurs, l’année passée, l'agence de presse Reuters, qui cite des sources anonymes au sein du ministère de l'Énergie, avait annoncé que l'option serait en tout cas privilégiée et en voie d'être généralisée par Sonatrach dans ses contrats en cours avec ses partenaires, précisant que pas moins de 20 champs gaziers et pétroliers étaient au centre de négociations avec l'italien ENI notamment. L'agence a ajouté que les contrats en question concernaient des champs de pétrole et de gaz au centre et au sud du pays, dont Ouargla, Adrar et Illizi, près de la frontière libyenne.
L’information a été vite démentie par le ministre de l'Énergie de l’époque, Salah Khebri, mais cela n’a pas suffi à lever le voile sur cette question. Certes, de nombreux experts privilégient l’option du gré à gré qui permet de choisir un partenaire de haute facture pour les projets contrairement à l’option de l’appel d’offres qui peut déboucher sur un partenaire de moindre calibre. Mais chez nous, le gré à gré a mauvaise presse. De nombreuses affaires jugées ont trait à la passation des marchés de gré à gré attribués à des sociétés soigneusement sélectionnées par des intermédiaires évoluant dans l’entourage des dirigeants de la société, en échange de contreparties financières ou de commissions occultes.
La passation des marchés de gré à gré est devenue synonyme de corruption. Toujours est-il, contexte actuel oblige, que l’Algérie, pour faire marcher ses puits de pétrole et continuer à forer et profiter des gisements découverts, se doit de procéder d’une autre manière. Pour ne citer que le gaz, la production est en nette chute depuis près de dix ans (un pays dont les revenus proviennent à 97% de l’exportation des hydrocarbures). En 2007, la production avait atteint le pic des 233 millions de tonnes, avant de connaître une chute brutale en 2012, passant à 187 millions de tonnes. L’année dernière, elle était estimée à 190 millions de tonnes. Le gouvernement reste optimiste et prévoit une production de 224 millions de tonnes en 2019.


Saïd Smati

 


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