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Le peuple revendique “La primauté du politique sur le militaire”

Soummam : la revanche d’Abane et de Ben M’hidi

état civil et non militaire, le credo du mouvement citoyen du 22 février. © Billel Zehani/Liberé

“Dawla madania machi âskaria” (État civil et non militaire), scandent les Algériens depuis 6 mois dans les rues des principales villes du pays.

Les principaux artisans du Congrès de la Soummam, Abane Ramdane, et Larbi Ben M’hidi doivent désormais reposer en paix. Pour cause, un des grands principes de la plateforme de la Soummam, la primauté du politique sur le militaire en l’occurrence, et qui leur a valu bien des critiques, voire de solides inimitiés (Abane en a payé le prix fort en se faisant assassiner par trois de ses pairs du CCE), a été repris par les jeunes du hirak en le remettant au goût du jour.

Et depuis le 22 février, date du début de la révolution du sourire, il n’y a pas une marche où les manifestants n’ont pas revendiqué l’éloignement des militaires de la décision politique. “Dawla madania machi âskaria” (État civil et non militaire), ne cessent de scander les Algériens depuis 6 mois dans les rues des principales villes du pays. Mieux, il n’y a, peut-être, pas une seule marche où les portraits d’Abane Ramdane et de Larbi Ben M’hidi ne sont pas arborés fièrement par des jeunes et des moins jeunes.

D’autres portraits de révolutionnaires tels que le colonel Amirouche, Mustapha Ben Boulaïd et bien d’autres encore, sont, eux aussi, brandis par la jeune génération  que plus de 60 ans séparent de cette belle et glorieuse épopée. Même les survivants du combat libérateur, comme l’ancien chef de la Wilaya IV historique Lakhdar Bouregâa ou encore l’icône de la lutte pour l’indépendance du pays, Djamila Bouhired, ont bénéficié, lors des marches du vendredi, d’une grande sollicitude de la part de  jeunes, filles et garçons, qui ne les connaissent, peut-être, que de réputation.

Autrement dit, le souvenir des héros d’hier est encore vivace dans la mémoire collective et n’a pas du tout disparu même chez les jeunes générations. Comment un tel “miracle” a pu se produire alors qu’une chape de plomb a été imposée par les régimes qui se sont succédé à la tête du pays, notamment celui du colonel Houari Boumediene qui, en essayant de gommer, via l’école et les médias, l’héroïsme des uns et les trahisons des autres, a offert aux Algériens une histoire lisse et sans aspérités ?

C’est qu’en plus de ses ressorts cachés, la société algérienne, de tradition orale par excellence, a su trouver, malgré et envers l’histoire officielle, d’autres moyens pour transmettre les hauts faits d’armes qui ont jalonné la lutte de Libération nationale mais aussi ses péripéties et les manquements de certains acteurs clés, chez les générations postindépendance.

Et ce sont ces ressorts cachés et ce legs révolutionnaire transmis de génération en génération qui ont fait que la société algérienne, que bien des observateurs croyaient perdue et sclérosée pour toujours, a trouvé en elle une énergie nouvelle et insoupçonnée pour aller défier, un certain 22 février, un régime qui a sévi 20 ans durant, voire plus, tant il prend racine aux lendemains de l’indépendance.

Aussi, il n’est pas du tout excessif d’établir une certaine filiation entre la révolution d’aujourd’hui et son aînée qui a forcé l’admiration du monde entier en tenant un congrès en pleine guerre et sur le territoire national — une prouesse dont peu de peuples peuvent se targuer — et qui, in fine, est venue à bout du système colonial.

Et comme leurs pères et grands-pères, les jeunes d’aujourd’hui ont forcé le respect de beaucoup en menant une des révolutions les plus pacifiques au monde en faisant preuve d’une remarquable persévérance. Quelle belle revanche sur le sort pour les Abane, Ben M’hidi, Zighoud, Ferhat Abbas et autres qui ont vu enfin la graine révolutionnaire, semée il y a plus de 60 ans, germer admirablement.
 

Arab Chih

 

 

 



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