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Influence des lobbies sur les politiques publiques

Tebboune : “Il est impératif d’y mettre un terme”

Conseil des ministres, samedi dernier, présidé par Abdelmadjid Tebboune. © APS

Le  chef  de  l’État a décidé  le transfert  de certaines  prérogatives  de nomination au Premier ministre. 

Pour son second Conseil des ministres, depuis son intronisation au palais d’El-Mouradia, Abdelmadjid Tebboune, si l’on excepte les concertations engagées avec certaines personnalités autour de la “situation globale du pays et la révision de la Constitution”, n’a pas inscrit à son agenda ces “questions politiques”. 

Signe d’une marge de manœuvre réduite, en raison des circonstances ayant entouré son élection contestée ou difficulté à élaborer une meilleure approche pour une sortie de crise, Abdelmadjid Tebboune continue de mettre le curseur sur les questions économiques et sociales, si l’on se réfère au communiqué du Conseil des ministres.

Nous ne saurons rien du format du dialogue qu’il compte éventuellement mener, ni d’éventuelles mesures d’apaisement, comme la libération des détenus réitérée sans cesse par le hirak, encore moins de la levée des entraves à l’exercice des libertés et la libération du champ politique et médiatique.

Deux faits méritent cependant d’être relevés et qui peuvent, a priori, se décliner comme une volonté du président Tebboune de rompre avec les pratiques de son prédécesseur : il y a d’abord cette insistance sur “l’impératif de mettre un terme à l'influence accrue des lobbies et des groupes d'intérêts dans les politiques publiques”.

Marque de fabrique de l’ère Bouteflika, les lobbies, qui essaiment dans nombre de secteurs, ont non seulement réussi à accaparer des parts importantes des marchés publics, développé le parasitisme et inhibé les initiatives, mais ont également accédé aux leviers de la décision politique.

Certaines figures parmi ces lobbies croupissent aujourd’hui en prison. Pour avoir engagé un bras de fer avec eux à l’été 2017, Abdelmadjid Tebboune a payé de son poste à la primature. Ensuite, il y a ce transfert au Premier ministre, sans doute une première, du pouvoir de nomination d’un certain nombre de cadres de l’État et ce, dans le “respect des dispositions constitutionnelles en la matière”.

Une mesure destinée à “assouplir les procédures de nomination aux fonctions supérieures de l’État et d’introduire plus de célérité dans les mouvements qui affectent les personnels de la haute Fonction publique”, note le communiqué du Conseil des ministres.

Confié à un Premier ministre technocrate et diplomate, sans attache partisane prononcée, ce pouvoir de nomination pourrait transcender les critères régionalistes et clientélistes, en vigueur jusque-là, pour favoriser l’émergence de la compétence et du mérite. 

S’il est évident qu’il est prématuré de juger de l’action du Président, focalisée pour l’heure sur l’élaboration de son “plan d’action”, il reste que la lenteur dans le traitement des questions politiques, lesquelles détermineront dans une large mesure la réussite des autres chantiers, n’est pas de nature à rétablir la confiance dont le pouvoir a grandement besoin. 

Quand bien même le spectre de la crise économique et de l’instabilité sociale appelleraient des mesures urgentes, il reste que le changement des paradigmes de la gouvernance et un engagement, à travers des gestes forts, en faveur d’une meilleure démocratisation de la vie politique, demeurent les clés de la réussite de toute entreprise de redressement. 

“C’est  de  la  concrétisation  de  nos  engagements  que  dépendent  le recouvrement de la confiance du citoyen dans ses institutions, son adhésion aux actions et sa contribution pleine et sincère à la réalisation de nos programmes de développement.” C’est le Président qui le dit. Et parmi ces engagements, la satisfaction des revendications du hirak, ce mouvement béni, comme il l’avait qualifié durant la campagne. 
 

Karim K.

 

 

 


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