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A la une / Actualité

Une marée humaine a déferlé sur les rues de la ville

Tizi Ouzou au rendez-vous

Des milliers de citoyens ont investi la rue, hier, à Tizi Ouzou. © Liberté

Une véritable marée humaine, comme on n’en a pas vu depuis les événements du Printemps noir de 2001, a arpenté, hier, les rues de Tizi Ouzou pour exprimer une vive colère suite à ce que tout le monde en Kabylie qualifie de l’opposition des députés du pouvoir à la promotion de la langue amazighe. La marche était prévue à 11h mais à 10h le ton était déjà donné. Des milliers de manifestants étaient rassemblés devant l’entrée principale du campus Hasnaoua de l’université Mouloud-Mammeri pour dire : “Ne touchez pas à notre amazighité.” Les cris à la manipulation du président du HCA et des responsables locaux du RND et du FLN se sont finalement révélés n’être qu’un coup d’épée dans l’eau puisqu’au moment du départ de la marche, ils étaient déjà plus d’une dizaine de milliers de personnes à donner écho à l’appel lancé par le collectif des comités d’étudiants qui a fait de la question de la promotion de tamazight “une question d’honneur”. Après son départ, la foule déjà très dense, avançait lentement en scandant en chœur : “Mazalagh d Imazighen”, “Assa azekka tamazight thela thela”. Elle grossissait au fur et à mesure qu’elle ralliait d’importants groupes de lycéens et d’étudiants du campus Tamda initialement bloqués, dit-on, par les services de sécurité sur les routes. Les premiers groupes terminaient la montée du stade du 1er-Novembre et entamaient le boulevard Lamali-Ahmed qui longe le CHU Nedir-Mohamed, alors que les derniers étaient toujours au point de départ. La route était noire de monde. Elle était en furie surtout, elle grondait. Entre un chant d’Oulahlou et un autre de Matoub Lounès, des slogans dénonçant le pouvoir de Bouteflika et hostiles à Ahmed Ouyahia fusaient par intermittence. Sur les banderoles, on pouvait lire des slogans on ne peut plus expressifs de cette colère qui s’est emparée de toute la Kabylie. “Corriger l’histoire, l’Algérie n’est pas Arabe”, “Un peuple qui ne revendique pas ses droits est soumis à l’esclavage”, “Mon origine n’est pas un produit trouvé sur le marché. Je suis Amazigh et je ne me plierai jamais”, “Non à la militarisation de la Kabylie”..., lit-on entre autres slogans. Parmi la foule, rares les visages connus sur la scène politique locale. Hormis quelques militants du MAK dont Bouaziz Aït Chebib, quelques dissidents du RCD, dont Mahfoud Belabbas ou encore quelques anciens militants du MCB comme Arezki About et Mokrane Gacem, le gros de la foule était composé de jeunes dont l’âge ne dépassait pas les 25 ans. Ce fut, là aussi, l’autre message de la marche : le flambeau de la cause identitaire est bien repris par une jeunesse visiblement déterminée à prendre à bras le corps le combat de leurs aînés. Tout au long de la marche, un dispositif policier qui s’est fait des plus discrets. Au début de la marche, les policiers avaient même brillé par leur laisser-aller devant l’anarchie créée par les automobilistes qui tentaient de se frayer un chemin au milieu de la foule, mais la situation a été vite prise en main par les marcheurs qui ont suivi leur itinéraire dans le calme jusqu’à l’entrée du siège de la wilaya où un rassemblement a été observé pendant quelques minutes. La marche s’est achevée, faut-il le noter, après quelques jets de pierres et le saccage de la devanture de l’entrée de la wilaya par quelques manifestants. Cela sans faire réagir les policiers déployés en grand nombre dans l’enceinte de cette administration.


S. LESLOUS

 


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