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Des centaines de syndicalistes ont manifesté hier à Alger

Un 1er Mai de colère contre le système

Marche des travailleurs, hier, à Alger. © Billel Zehani/Liberté

La police a empêché la marche des travailleurs et des syndicalistes en utilisant les gaz lacrymogènes et les canons à eau. 

Les syndicalistes et les travailleurs ont été, violemment, empêchés de marcher, hier à Alger, à l'occasion de la Fête des travailleurs. Déployées en force dès les premières heures de la journée, les brigades anti-émeutes ont usé de gaz lacrymogènes et de jets d'eau pour disperser les premiers groupes qui commençaient à se former, vers 10 heures, place du 1er-Mai d'où devait s'ébranler la marche. Venus de plusieurs wilayas du Centre, les centaines de syndicalistes ont répondu à l'appel de la Confédération des syndicats algériens (CSA), qui regroupe plusieurs syndicats autonomes représentant différents secteurs. 

Ces syndicalistes ne sont pas sortis pour réclamer des droits socioprofessionnels, mais pour réclamer le départ du système et, du coup, apporter leur pierre à l'édifice de la révolution pacifique du peuple. Rejoints dans leur action par plusieurs citoyens engagés, les manifestants ont refusé de répondre aux provocations de la police. Ils se sont contentés de tenir un rassemblement au rond-point de la place du 1er-Mai. Face aux caméras et aux micros des médias présents en grand nombre ils ont scandé à tue-tête des slogans hostiles au pouvoir. “Ouyahia le voleur, vous lui avez réservé un accueil chaleureux même au tribunal, et nous qui sommes ici pour manifester pacifiquement, vous nous traitez comme de vulgaires voyous. C'est grave”, s'offusque, à la face des policiers, un enseignant syndicaliste. “Nous n'allons jamais nous taire tant que ce système pourri refuse de partir”, renchérit un autre syndicaliste. Participant à la manifestation, le fondateur et ancien président du Cnapest et ancien militant du FFS, Ali Lemdani a, quant à lui, improvisé une prise de parole, durant laquelle il a notamment souligné que la crise politique en Algérie remonte à 1962, soit à l'indépendance, et non depuis l’arrivée, en 1999, du président Bouteflika au pouvoir. “C'est le système qu'il faut démanteler pour y arriver”, a-t-il dit tout en appelant les citoyens à maintenir la mobilisation autant qu'il le faudra pour “dégager tout ce système”. Faute de pouvoir rallier en procession la Grande-Poste, autre haut lieu des manifestations contre le système, les syndicalistes se sont rassemblés pendant près de 2 heures place du 1er-Mai, avant de lever le camp. Contournant les multiples cordons des policiers formés quasiment dans tous les grands boulevards et rues de la capitale, ils ont, par petits groupes, réussi à rallier la Grande-Poste. Par ailleurs, des centaines de syndicalistes affiliés à l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) ont tenu un imposant rassemblement devant le siège de la Centrale syndicale baptisée au nom de son ancien et défunt président, Abdelhak Benhamouda. 

Ici, la première cible des manifestants, est le secrétaire général de l’organisation, Abdelmadjid Sidi-Saïd. “Après Saïd, nous allons dégager Sidhoum Saïd”, ont scandé les manifestants dans une allusion à Saïd Bouteflika, le frère du Président démissionnaire, et au patron de la Centrale syndicale. Contenus par la police dans le large boulevard jouxtant la Maison du peuple, les manifestants n'ont pas manqué de s’en prendre aux figures du système dont le chef d'état-major, Ahmed Gaïd Salah accusé de “trahir la confiance du peuple”. Il a été aussi la cible des manifestants rassemblés à la Grande-Poste.
 

Farid Abdeladim


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