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Mohamed Terkmani, ancien directeur à Sonatrach et expert pétrolier

“Un accord est possible, mais il ne mènera pas à grand-chose”


Liberté : À votre avis, comment va se décanter cette réunion de l’Opep à Vienne ?
Mohamed Terkmani :
Selon les dernières informations, les Saoudiens commencent à traîner la patte et les Russes sont en train de profiter de la situation. Les Saoudiens ont quelque part raison de dire que les pays de l’Opep ne s’entendent pas entre eux, comment voulez-vous qu’on se réunisse avec les pays non-Opep. Faisons le ménage chez nous et après, on va discuter, sinon on va discuter en position de faiblesse.
Et les Russes ont très bien compris cela. Le mieux qu’on puisse espérer des Russes, c’est un gel de la production. Mais un gel ne va pas amener grand-chose.
Selon mon point de vue personnel, baisser la production de 500 000 ou de 700 000 barils/j ne va pas vraiment faire bouger les prix à cause des hydrocarbures de schiste. Et ce sera beaucoup plus difficile pour les pays de l’Opep de jouer leur rôle de “swing position”.

Peut-on espérer une position plus ou moins conciliante de la part de l’Iran et de l’Irak qui posent problème ?    
Je ne suis pas très sûr. Ils ne se sont même pas entendus sur les quotas de baisse à attribuer à chaque pays.
C’est ça le problème. Il y a quatre pays qui sont récalcitrants. Il y en a un qui est justifié, c’est la Libye. Le Nigeria, un peu moins. L’Irak qui produit 4,2 millions de b/j veut encore produire plus. L’Iran veut revenir à son quota d’avant les sanctions. Or celles-ci ne sont pas le fait de l’Opep. S’il doit y avoir compensation, c’est aux pays qui ont imposé l’embargo qu’il faut le demander.
C’est pour cela que je suis un peu pessimiste. Il peut y avoir un accord mais qui ne mènera pas à grand-chose.
D’autant que cet accord ne concernera que les pays Opep, alors que les pays non-Opep sont autant concernés.
Ces pays veulent, en fin de compte, tirer la couverture à eux. Et même si on arrive à un accord, on ne va pas respecter les quotas.
Historiquement, on n’a jamais respecté les quotas de l’Opep. Les pays Opep et non-Opep ne veulent pas comprendre qu’ils sont tous perdants.
L’Opep va perdre 120 milliards de dollars cette année. Les pays non-Opep, comme la Russie, perdent aussi.
Les non-Opep ont intérêt, au même titre que les pays Opep, à réduire leur production. Mais, pour le moment, ils sont en train d’observer les pays de l’Opep et de tirer profit de la situation de tension au sein de l’organisation. Ma conviction est que les Saoudiens n’arriveront jamais à gagner la bataille contre les hydrocarbures de schiste.
En revanche, ils peuvent gagner leur bataille contre les pays non-Opep. Les pays du Golfe peuvent résister à la chute des prix mieux que les pays non-Opep comme la Russie.

Propos recueillis par : Saïd Smati



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