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Désignation de slimane Chenine président de l’assemblée nationale

Un cadeau empoisonné aux islamistes

Le nouveau président de la Chambre basse du Parlement, Slimane Chenine. © APS

L’intronisation de Slimane Chenine à la tête de la Chambre basse du Parlement a fait apparaître de larges dissensions entre les partis de l’alliance islamiste, dont la cohésion est sur le point de voler en éclats, si ce n’est déjà fait.

Depuis sa création en janvier 2017, l’alliance islamiste Ennahda, El-Adala et El-Bina est peut-être pour la première fois en train de connaître ses plus forts moments de crise. Jusque-là réduites à jouer les seconds rôles, les formations qui composent ce triumvirat sont bien parties pour figurer dans les bonnes feuilles du système. Preuve en est, la nomination du président de son groupe parlementaire, Slimane Chenine, à la tête de la troisième institution de l’État, à savoir la Chambre basse du Parlement. Mais les partis islamistes assument mal cette élection pour les procédés utilisés pour y parvenir et cette propension à les désigner comme alliés du système pour la période sensible que traverse le pays. C’est visiblement ce risque d’être discrédité devant l’opinion publique qui demande le départ du système, qui pousse Abdallah Djaballah à se démarquer de l’élection au perchoir de l’APN, du député de l’alliance islamiste. Le député Salah Zouiten, élu de la circonscription de Skikda, rappelle d’ailleurs que Djaballah n’a aucun lien avec cette nomination, et que Chenine appartient à un parti indépendant dans ses décisions. “Pour être honnête, nous devons préciser que cheikh Djaballah n'a rien à voir avec la question de l’élection de Chenine à la présidence de l'Assemblée populaire nationale comme on le prétend. Ce dernier appartient au mouvement El-Bina, dont le secrétaire général est Bengrina, et est un parti indépendant dans ses relations et décisions. Il a son propre programme et sa philosophie de la politique. Aussi, il n'a pas besoin d'un représentant ou de parler en son nom et il est libre de diriger son parti comme il le juge”. Auparavant, la même formation a réagi à cette élection à travers le député Hassan Aribi, en affirmant que “l’élection de Slimane Chenine ne reflète pas forcément la position officielle de notre parti”. Le président d’El-Adala, Abdallah Djaballah, a fait dire au même député que “cette affaire ne nous concerne pas. Nous ne sommes ni avec (Chenine) ni contre lui”. Pourtant, tout le monde sait que le parlementaire et non moins président du conseil national du parti, Lakhdar Benkhellaf, a joué un rôle-clé dans l’élection de Chenine, pour avoir assuré le travail de coulisses dont la médiation avec les groupes parlementaires du pouvoir (FLN, RND, TAJ et MPA) et même des indépendants, pour les convaincre de renoncer à leur propre candidat. Son argument était que les autres groupes sont convaincus que “la période actuelle que traverse le pays nécessite une nouvelle approche selon laquelle l’opposition doit présider cette institution de l’État en réponse aux revendications du peuple qui demande le départ des symboles de l’ancien régime”. Pourquoi alors les partis en question adoptent-ils cette position ambivalente dans le discours, qui veut que l’on soutienne la nomination d’un des leurs à la tête d’une institution de l’État, et de l’autre à prendre ses distances, si ce n’est pour sauvegarder leur image auprès de l’opinion publique. D’un autre côté, cette élection a fait aussi paraître de larges dissensions entre les partis de l’alliance, dont la cohésion est sur le point de voler en éclats, si ce n’est déjà fait. Pour tenter de devancer les choses, le député Salah Zouiten affirme que “l’alliance entre El-Adala, Ennahda et El-Bina n’existe plus en tant que telle depuis les élections locales de 2017”. Même si le SG du parti Ennahda, Yazid Benaïcha, a estimé que la nomination de Chenine n’est pas allée à l’encontre des vœux des membres de l’alliance, et ne constitue pas, à son avis, un élément favorisant la désintégration du triumvirat de partis, bien des indices confirment la fragilité de cette alliance. Sur le plan organique, les instances de l’alliance n’arrivent pas à se réunir de nouveau, depuis les élections législatives de 2017. Il y a aussi l’affaire du cadenas qui a divisé les partis de l’alliance entre soutiens et opposants, y compris Chenine lui-même qui s’est démarqué de sa propre formation en se positionnant pour le départ de Bouhadja, alors que son parti a tenté de garder un semblant de neutralité. La question de la présidentielle est certainement le point d’achoppement des partis de cette obédience lesquels, faute de compromis, sont voués à la dislocation.

Amar R.


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