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GaÏd salah estime satisfaites les revendications du peuple

Un discours en décalage avec la réalité

Le chef de l’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah. © D. R.

En opposant une fin de non-recevoir à tout “débat” autour des institutions, le chef d’état-major confirme l’incapacité des “décideurs” à opérer les révisions déchirantes qu’appelle cette séquence historique dans la vie du pays.

C’est devenu désormais un rituel : le peuple marche vendredi, Ahmed Gaïd Salah répond mardi. Après plus de cinq mois, depuis particulièrement la mise à l’écart du président déchu, sous la double pression populaire et de l’armée, il ne se passe pratiquement plus une semaine sans que le chef d’état-major, principal homme fort du moment, s’exprime sur la situation du pays. Mardi dernier, il est revenu à la charge pour évoquer de nombreuses questions qui agitent la scène politique nationale.

Mais alors que l’impasse est devenue totale et qu’un dialogue de sourds semble s’être installé dans la durée entre la “rue” et les “décideurs”, Ahmed Gaïd Salah annonce que “la plupart des revendications sont satisfaites”. “Malgré la satisfaction de la majorité des revendications populaires sur le terrain, nous constatons l’élévation de certaines voix pour tenter de nuire à la crédibilité et à la performance des institutions de l’État, à travers des rumeurs qui visent à tromper l’opinion publique et à compromettre les efforts des responsables intègres et dévoués”, a-t-il dit.

En décodé : la poursuite de la protestation accompagnée de certaines revendications procéderait d’un “déni” de ce qui a été réalisé jusque-là, sinon de la surenchère. Or, à l’examen des slogans apparus depuis le début de la contestation et répétés chaque vendredi, force est de constater que peu de revendications — si l’on excepte la disqualification du cinquième mandat, la mise aux arrêts de certains responsables, encore que la demande de leur jugement n’a pas été formulée par la rue, et le retrait de certaines figures — ont été exaucées.

C’est le cas, par exemple, du maintien des deux “B”, Abdelkader Bensalah et Noureddine Bedoui. Il y a aussi la chape de plomb qui s’est abattue sur les médias publics et les télévisions privées, les entraves aux libertés, comme la mise en place des barrages filtrants à l’entrée de la capitale chaque vendredi, ou encore l’absence de garanties sur l’indépendance de la justice. Presque unanimement réclamée, la libération des détenus d’opinion auxquels Gaïd Salah conteste le statut n’a toujours pas connu de suite. Passons sur l’exigence de l’organisation d’une période de transition, le “départ de tous les symboles” du régime de Bouteflika, le “changement radical du système” et le retrait de l’armée du champ politique.

Ce qui renvoie, convenons-en, à la mise en place de jalons pour l’avènement d’une deuxième république. Mais pour le chef d’état-major, “il n’y a aucune anomalie” dans la performance des “responsables”, et l’armée est déterminée à “consolider l’accompagnement du peuple et des institutions” jusqu’à la tenue de la présidentielle. “Nous, en tant que Haut-Commandement de l’ANP, nous suivons de près et n’avons enregistré aucune anomalie dans la performance de ces responsables patriotiques dans le fonctionnement de ces institutions. Bien au contraire, ils ont pu réaliser durant cette courte période ce qui n’a pu être réalisé pendant des années.

Les réalisations dans tous les domaines sont multiples et ne peuvent être niées que par un ingrat ou un conspirateur qui agit sur instruction et tend à exécuter des agendas suspects”, soutient-il. “Le peuple est plus que jamais conscient et ne peut plus être induit en erreur ou traîné dans des impasses jonchées de périls.

Aussi, nous rappelons, encore une fois, que les institutions de l’État sont une ligne rouge qui n’admet ni tractation ni préalables ou encore des diktats illégaux, de quelque partie que ce soit, et continueront à accomplir leurs missions, jusqu’à l’élection du nouveau président de la République, qui jouira de toutes les prérogatives pour entamer les réformes nécessaires.”

En opposant une fin de non-recevoir à tout “débat” autour des institutions, Ahmed Gaïd Salah, dont les discours semblent beaucoup plus s’adresser à ses adversaires qu’à la rue, confirme l’incapacité des “décideurs” à opérer les révisions déchirantes qu’appelle cette séquence historique dans la vie du pays, mais également la perception faite du mouvement populaire. Comment la rue va-t-elle accueillir cette nouvelle sortie ? Réponse ce vendredi.
 

K. Kebir


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