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A la une / Actualité

Des médicaments bio-similaires sont commercialisés en Algérie

Un enregistrement sans une réglementation spécifique

L’Algérie doit, impérativement, se doter d’une véritable réglementation spécifique aux médicaments bio-similaires. Même si une loi qui régit l’enregistrement de ce type de produits pharmaceutiques n’est pas encore élaborée, des bio-similaires continuent à être enregistrés et donc commercialisés dans notre pays. Toutefois, le directeur général de la pharmacie au ministère, le Dr Hamou Hafed, tient à préciser, à ce propos, qu’une réglementation spécifique aux bio-similaires est en cours d’élaboration. Le texte devrait, en tout cas, entrer en vigueur avant la fin de l’année en cours. En attendant, un comité composé d’experts cliniciens est chargé de l’enregistrement de ce type de produits. Le Dr Hafed tient à souligner qu’aucun bio-similaire n’a été enregistré sans l’accord de ce groupe de travail. Pour lui, ces professeurs spécialisés sont intransigeants au sujet de la qualité et de la sécurité de ces médicaments vendus dans notre pays liés, entre autres, à la rhumatologie, l’hématologie et l’oncologie. Ils sont très critiques à l’égard des essais effectués, avoue le DG de la pharmacie qui a représenté, hier, le ministre de la Santé à la 2e Conférence internationale des affaires réglementaires et de pharmacoéconomie, organisée par la Saarp (Société algérienne des affaires réglementaires et de pharmacoéconomie). Outre cette réglementation qui verra le jour incessamment, le Dr Hafed a annoncé la fabrication prochaine des bio-similaires en Algérie. Un médicament biologique, faut-il le rappeler, est une substance produite à partir d’une cellule ou d’un organisme vivant ou dérivée de ceux-ci. On peut citer, par exemple, les vaccins, les facteurs de croissance ou les médicaments dérivés du sang. Un médicament bio-similaire est similaire à un médicament biologique de référence qui a déjà été autorisé en Europe ou aux USA. Le principe de bio-similarité s’applique à tout médicament biologique dont le brevet est tombé dans le domaine public. Cette nouvelle technologie permettra également la fabrication du bio-similaire de l’insuline. Par ailleurs, l’iniquité dans l’accès aux soins a été clairement mise en exergue au cours de cette rencontre. “Nous assistons en Algérie à une médecine à deux vitesses !”, déplore le Pr Lamri Larbi, expert et consultant, spécialisé dans l’économie de la santé. Il existe, selon lui, un secteur public qui garantit la gratuité et un accès facile aux soins. Ce qui engendre une forte demande pour une offre faible. Conséquence : insuffisance et retard dans la prise en charge du malade.

Une médecine à deux vitesses
Les plus riches, en revanche, affirme le Pr Lamri, s’offrent une hospitalisation à l’étranger dans des pays comme l’Espagne, la Turquie, la France et même la Tunisie. L’accès aux soins doit être révisé dans notre pays, estime-t-il. Il trouve inconcevable que dans un pays où il existe un dispositif de sécurité sociale et une gratuité des soins, les dépenses des ménages pour des soins de santé représentent le quart de la dépense nationale de la santé. “Les dépenses des organes de Sécurité sociale sont évaluées à 21% de la dépense globale de l’État alors que celle des ménages est de l’ordre de 25%. C’est anormal”, remarque le Pr Lamri. D’où l’apparition du phénomène de la “pauvreté sanitaire”, c'est-à-dire des gens qui n’arrivent plus à se soigner. Pis encore, d’autres, mieux lotis, recourent à la vente de leurs biens (bijoux, cheptel…) pour payer leurs soins. Contre cet épineux problème, cet expert recommande la mise en place d’un système de contractualisation pour qu’il n’y ait plus d’exclusion dans l’accès aux soins.
Pour les malades assurés sociaux et leurs ayants droit, la facture établie par l’hôpital est envoyée pour paiement aux caisses de la sécurité sociale (Cnas ou Casnos). Idem pour le patient pauvre, mais c’est la direction de l’action sociale qui le prend en charge. Ce qui est l’équivalent de 90% de la population. Les 10% restants sont ceux qui ne sont ni pauvres ni assurés sociaux, une catégorie de citoyens qui paieront de leur poche. “Il faut reprendre en urgence ce dossier et l’actualiser”, suggère ce consultant. C’est facile, indique-t-il, il suffit d’une réelle volonté politique…


Khris Badreddine  

 


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