Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Rigueur économique et sauvegarde des transferts sociaux

Un équilibre difficile à réaliser

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. © APS

La question de la mobilisation des fonds pour le maintien des équilibres financiers de l’État reste plus que posée.

Dans son discours lu en son nom par le ministre de la Justice, à l’occasion de la cérémonie commémorant le double anniversaire du 24 Février, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a assuré que le système de subventions sera maintenu. Malgré la crise économique que vit le pays, le chef de l’État demeure fidèle “à notre doctrine en matière de politique sociale et de solidarité nationale”. La question des subventions est depuis plusieurs années au centre des débats. Si pour l’État, ces subventions ont de tout temps servi au maintien de la paix sociale, pour de nombreux observateurs, les subventions et autres transferts sociaux sont désignés comme un boulet à éliminer pour maintenir des équilibres budgétaires. Mais la logique de l’État semble prendre le dessus. En pleine crise financière qui oblige le gouvernement à recourir à la planche à billets, l’État a tout de même trouvé les ressources pour grossir le budget des transferts sociaux.
Dans la loi de finances 2018, le budget des transferts sociaux est fixé à 1 760 milliards de dinars, représentant 8,4% du PIB et enregistrant un accroissement de près de 8% par rapport à 2017. Dans le détail, l’État a réservé 64% des transferts sociaux pour les soutiens directs et indirects aux familles (subvention des prix des produits de base à 183,2 milliards de dinars), à la santé (331,7 milliards de dinars) et (396,1 milliards de dinars). À travers ces transferts sociaux, il s’agit pour le gouvernement de continuer à soutenir la politique sociale de l’État, notamment par le soutien aux familles, à travers la subvention des produits de base, l’éducation et l’accès à l’eau et à l’énergie, la santé, le logement, les retraites et l’accompagnement des faibles revenus. En plus, la loi de finances 2018 a prévu une augmentation du budget d’équipements, ce qui veut dire plus de fonds à mobilisés. Durant l’année 2015, qui a marqué le coup d’envoi des années de vaches maigres, le gouvernement a pu faire appel aux réserves de change et aux ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR) pour amortir le choc. Si les subventions et les transferts sociaux n’ont pas été touchés, les effets de l’austérité se sont traduits par des baisses des dépenses d’équipement, des gels de projets et le report de certains autres. Cela a eu pour effet d’entamer les économies engrangées à la faveur de l’embellie financière qu’a connue le pays lorsque les cours du pétrole étaient au plus haut.
Au jour d’aujourd’hui, avec l’épuisement du FRR, la réduction drastique des réserves de change et en l’absence d’une économie nationale génératrice de richesse, la question de la mobilisation des fonds pour le maintien des équilibres financiers de l’État reste plus que posée. Si d’un point de vue politique, le maintien des subventions coule de source, économiquement, ce maintien constitue un casse-tête pour le gouvernement.
D’ailleurs, il ne s’en cache pas, puisque le dossier des subventions est le plus gros dossier qui est sur la table du gouvernement. Se refusant à aller à contresens de “la doctrine de politique sociale et de solidarité nationale prônée” par le Président, le gouvernement essaye, pour faire des économies, d’explorer d’autres niches, comme orienter les subventions de l’État vers les citoyens les plus nécessiteux. L’option qui serait retenue est celle consistant à remplacer les subventions qui, aujourd’hui, bénéficient à tout le monde sans distinction par des allocations mensuelles, sous forme de chèques, aux ouvrants droit. Or, jusque-là, le gouvernement n’a pas trouvé le moyen idoine pour appliquer une telle politique.
En plus, les démentis aux ministres, qui se sont avancés sur la question, compliquent encore plus la gestion de ce dossier. Au final, quel que soit le terme utilisé. Maintien, ciblage ou suspension, ce qui est certain, c’est que la politique des subventions, telle que connue jusque-là, pourrait ne pas perdurer au-delà de deux ans.


Saïd Smati
 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER