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A la une / Actualité

Droits des femmes en Afrique du Nord

Un grand écart entre les lois et la réalité

En six décennies d’indépendance, les pays d’Afrique du Nord ne parviennent toujours pas à garantir aux femmes une place de citoyenne. Et si des évolutions ont été faites sur le plan législatif et juridique, les pesanteurs sociales, les conservatismes et, parfois, les archaïsmes relèguent toujours cette catégorie de la société aux second plan. Des représentantes des mouvements féminins des pays d’Afrique du Nord, qui sont intervenues hier au colloque organisé par le RCD, ont dressé un tableau noir de la situation des femmes dans cette partie du monde. En dehors de la Tunisie qui, malgré des archaïsmes et des résistances, a accompli des pas de géant, l’Algérie, la Mauritanie et le Maroc, eux, traînent le pas. L’exemple a été donné par la représentation des femmes en politique. Ainsi, en Algérie, le président du RCD a, par exemple, révélé que malgré la promulgation en 2012 de la loi portant sur l’instauration d’un quota pour les femmes dans les assemblées élues et les postes de responsabilité, la représentation de la femme reste très symbolique. Au Conseil de la nation, y compris dans le tiers désigné par le chef de l’État, seulement 10 femmes ont été retenues et aucune femme n’a été élue, “ce qui représente à peine 6% du total des membres de la Chambre haute”. “Il en est de même pour le corps des walis et walis délégués où seulement trois femmes ont été nommées sur les 71 activant dans l’administration territoriale, soit 4%. Le corps diplomatique n’est pas en reste puisque, à ma connaissance, seulement deux femmes figurent parmi plus de 100 ambassadeurs représentant l’État à l’étranger.” Ce qui fera dire à Louisa Dris-Aït Hamadouche, maître de conférences à l’Université d’Alger, qu’il s’agit avant tout d’une “représentation quantitative”. À l’APN où grâce à la loi sur les quotas, 24% des parlementaires sont des femmes, cela n’a pas produit d’effet positif puisque “ça n’a pas donné plus de lois proposées par des femmes et n’a pas non plus amélioré les conditions des femmes”. Bien au contraire. Pour Nadia Aït-Zaï, juriste, “nous avons l’impression qu’il y a un recul” dans le domaine du droit des femmes dans le pays. Cela est notamment visible dans la difficulté pour les femmes d’accéder à l’espace public. Si, au Maroc, les autorités ont voté des lois parfois avant-gardistes, puisque le pays vient d’adopter une loi criminalisant la violence à l’égard des femmes, la réalité de la société fait que la vie est toujours difficile pour les femmes de ce pays. Selon Najet Tazrout, enseignante à l’université de Rabat, le recours au suffrage universel a généré une “majorité politique”, dont les islamistes qui ne voient pas d’un bon œil l’émancipation de la femme. La preuve est que si le gouvernement de son pays comptait 7 ministres femmes en 2007, le nombre de celles-ci est descendu jusqu’à
1 lors du premier gouvernement de l’islamiste Abdelilah Benkirane en 2011. Une contradiction qui fait qu’une démocratie est dressée, cette fois, contre les femmes.
En Tunisie, l’ancienne ministre de la Santé, Samira Merai Friaa, a révélé que malgré des avancées considérables engrangées depuis la promulgation, en 1956, du code du statut personnel, les conservatismes ont toujours retardé l’application des acquis. “Il y a un écart entre la législation et la réalité du terrain”, a-t-elle reconnu. La preuve est que même au pays de Bourguiba, on ne compte que 6 femmes ministres, une seule wali et 10% du corps diplomatique. Autant dire qu’en Afrique du Nord, l’équité entre les citoyens est toujours un vœu pieux.


Ali B.

 


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