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la société face à la prolongation du confinement

Un impact de plus en plus pesant

© Sofiane Zitari/Liberté

La levée des mesures restrictives imposées à la population par la lutte contre la pandémie est inévitable mais sous condition, selon les autorités, qui semblent avoir pris la mesure des désagréments qu’elles ont “infligés” à toute la société.

À entendre les autorités sanitaires, à leur tête le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, c’est le comportement des Algériens qui déterminera la levée du couvre-feu et le retour à une “vie normale” après presque trois mois de confinement partiel. Le déconfinement, solution toujours périlleuse mais qui est néanmoins devenue une nécessité socioéconomique pour de nombreuses catégories sociales épuisées par les mesures de restrictions sanitaires, passera désormais par le port permanent du masque de protection dans les rues, les lieux publics et les espaces ouverts, et le respect de la distanciation sociale que les Algériens, dans leur écrasante majorité, se refusent toujours à observer. 

La balle est ainsi dans le camp de la population, le gouvernement considérant peut-être avoir pris toutes les mesures possibles dans la lutte contre le Covid-19 et qu’il était temps que les citoyens prennent leurs responsabilités en respectant les dispositions de prévention contre la propagation du coronavirus. Il est vrai que la grande majorité des Algériens — par inconscience ou manque de sensibilisation — ne s’est pas montrée très sensible aux orientations et instructions des autorités. 

Les dernières mesures en date, soit l’obligation faite aux commerçants de porter le masque de protection sous peine de fermeture (annoncée le 14 mai à partir d’Oran par le ministre du Commerce) et la généralisation du port de la bavette à toute la population à partir du 1er jour de l’Aïd, sont loin d’être respectées : la grande majorité des commerçants continue d’évoluer sans masque de protection et, le constat a été fait hier encore, de très nombreux citoyens n’ont pas encore adopté la bavette malgré les lourdes sanctions prévues (amende et/ou privation de liberté).

Même des employés communaux chargés du nettoiement des artères ou des représentants de l’ordre évoluaient sans bavettes, hier mardi, à Oran. Pour le sociologue Mohamed Mebtoul, qui déplore le manque de pédagogie des pouvoirs publics dans leur gestion de la crise, on ne change pas les habitudes sociales uniquement par décret. “L'adhésion au masque est compliquée parce que le masque mystifie l’identité, la cache et la rend de l'ordre de l'anonymat”, estime-t-il précisant qu’“avec le masque, nous ne sommes plus nous-mêmes. Les expressions multiples du visage disparaissent. On oublie souvent que notre corps n'est pas uniquement une addition d'organes, Il est identité qui ne peut exister que par rapport à l'autre”.

Le sociologue explique également que l’application du décret impose également des sacrifices financiers qui ne sont pas évidents pour toutes les catégories sociales. Plafonné à 40 DA, selon les pouvoirs publics, il était encore proposé à 100 DA hier. “L'opacité cognitive (où le trouver ? À quel prix ?) peut aussi être à l'origine de la non-adhésion au masque. Ce qui ne peut que favoriser la débrouillardise et les détournements multiples” pouvant aboutir à un véritable “marché informel qui transgresse les normes fixées par les pouvoirs publics”.

Plus généralement, conclut enfin Mohamed Mebtoul, qui déplore le caractère “culpabilisateur” de la démarche verticale des pouvoirs publics, l'acquisition d'une discipline collective, quelles que soient l'urgence et la gravité de la situation, ne peut s'opérer par décret. “Seule la confiance dans une société peut conduire les gens à adhérer au port du masque. Or, la confiance est un processus social et politique (…) Elle est l'âme qui permet à une société de fonctionner sereinement, en s'imposant des normes strictes reconnues et intériorisées par les populations. La confiance s'enracine dans la partage cognitif, une proximité sociale, une compréhension, et une reconnaissance sociale de la personne et, donc, de sa citoyenneté”.

 

 


S. Ould Ali


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