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Un intérêt accru pour l’actualité algérienne

Dans son édition d’hier, le magazine français Marianne, qui a consacré sa une à cet événement sous le titre “Le réveil du peuple”, a relevé que des centaines de milliers d’Algériens manifestent contre la candidature à un 5e mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika, impotent et muet, sous le slogan d’une jeunesse meurtrie et humiliée : “Pacifisme”. Dans une analyse très virulente, l’éditorialiste de Marianne, sous le titre “Vers la troisième guerre d’Algérie”, a estimé qu’“en Algérie, les choses ne se passent jamais comme on les attendait. La seule constante, c’est que le plus souvent elles se terminent mal (…) On dit que le président Macron en a des sueurs froides, et que cette éventualité relègue à ses yeux les défilés hebdomadaires des Gilets jaunes à une dimension anecdotique. Plutôt que de chercher des solutions, les Français se diviseront selon leurs préjugés. La guerre civile algérienne pourrait bien alors traverser la Méditerranée. Nous n’en avons pas fini avec l’Algérie”. Sur son site internet, FranceTV Info a également consacré sa couverture à ces manifestations en titrant “Algérie : le 5e mandat du président Bouteflika s’est évanoui dans les manifestations de la rue”. Dans un entretien publié sur ce site, l’historienne Sophie Bessis a affirmé s’interroger : “Comment sa candidature (Bouteflika, ndlr) pourrait être validée ?” Sous le titre “Le pouvoir de la rue en Algérie”, France24 a relevé que “l’expérience sanglante et traumatisante a pris fin, il y a une vingtaine d’années. Les jeunes Algériens n’ont donc pas connu ces années-là, et sont donc délivrés de la peur”. En revanche, Le Point, qui titrait “Algérie : on ne peut plus continuer comme ça”, a noté la forte mobilisation des populations. “Le soutien moral et physique de personnalités de tous styles, de Djamila Bouhired à Kamel Daoud, d’Issad Rebrab à Rachid Nekkaz, sans compter les Algériens de la diaspora qui ont suivi leurs compatriotes au pays. Le régime n’a pas plié. Cela dit, on ne peut pas imaginer que le chemin vers ce 5e mandat sera un long fleuve tranquille”. Aussi, le quotidien Le Monde relève qu’“à Alger, une foule immense de manifestants est résolue à rester pacifique” et que “des centaines de milliers d’Algériens ont défilé dans la capitale contre un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, au pouvoir depuis 1999. Encore plus nombreux que lors de la manifestation du vendredi précédent, et avec une même ­préoccupation: maintenir à tout prix le caractère pacifique de la contestation dans un pays meurtri par la violence”. Le même constat a été établi par AbidjanTV qui s’interrogeait : “Algérie : quelle alternative politique ?”, tout en soulignant que “dans un pays où les manifestations ont rarement rassemblé plus de 5 000 personnes ces six dernières années, la mobilisation de centaines de milliers de personnes à travers tout le pays est un signal fort. Mais surtout, les autorités ne cessaient de répéter qu’il fallait être vigilant face aux dérapages, que l’Algérie est attachée à la paix. Mais dans tout le pays, les choses se sont globalement passées dans le calme”. Enfin, le quotidien Le Parisien, qui a largement commenté cet événement, a préféré donner la parole aux Algériens de Paris, à travers un reportage intitulé “La crise en Algérie vue d’Aubervilliers : que se passera-t-il quand Bouteflika partira ?”


FARID BELGACEM