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Un livre au cœur de la controverse

On ne le dira jamais assez : Mémoires d’une combattante de l’ALN, zone autonome d’Alger, de la moudjahida Zohra Drif, est l’un des ouvrages qui a suscité le plus de polémiques au cours de cette année, l’année de la double commémoration du 52e anniversaire de l’Indépendance du pays et du 60e anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne.

Édité chez Chihab, Mémoires d’une combattante de l’ALN, zone autonome d’Alger, le livre-témoignage de la militante, également avocate et vice-présidente du Conseil de la nation, Zohra Drif évoque les années terribles de “la bataille d’Alger”. “Il était évident que le FLN réponde à ces actes criminels en adaptant sa stratégie à la nouvelle donne du terrain”, écrit-elle.
L’épouse de Rabah Bitat, l’un des chefs historiques du Front de libération nationale, signale alors, que c’est durant cette période que le FLN avait décidé de mettre sur pied des ateliers destinés à la fabrication de bombes, en vue de déplacer la guerre “des quartiers musulmans” peuplés d’Algériens vers les quartiers français qui, jusque-là, étaient paisibles, loin des feux de la guerre. Elle revient, en outre, sur d’autres événements l’ayant marquée, sans garder le silence sur ces “oubliés” de la Révolution, encore moins sur les arrestations des compagnons d’armes ni sur leur emprisonnement ou leur torture. La moudjahida révèle, également, comment la cache de Yacef Saâdi, au domicile de Fatiha Bouhired, a été découverte, avant son arrestation en compagnie du chef de la Zone autonome d’Alger (ZAA), par les services de renseignements français. “Tout cela figure dans les archives françaises”, témoigne l’auteur de Mémoires d’une combattante de l’ALN. Quelque temps après, l’ancien chef militaire de la Zaa lâche une bombe au quotidien El Khabar. Yacef Saâdi, qui venait de fêter ses 86 ans, accuse Zohra Drif d’avoir “donné” Ali la Pointe et Hassiba Ben Bouali aux paras. “Je ne peux pas avoir écrit à Hassiba alors que je n’étais pas arrêtée et que nous vivions ensemble tous les jours, tous les soirs, et que c’était pour un travail que je me trouvais dans la maison de Fatiha Bouhired, et que Hassiba et Ali se trouvaient en face”, précise-t-elle.
Sa réponse, loin de se limiter à la personne de Yacef Saâdi, se veut également une mise au point à l’adresse des historiens Gilbert Meynier et Mohamed Harbi, qui soutiennent la même thèse.
Zohra Drif, pour se défendre de l’attaque dont elle a été victime, renvoie ses détracteurs aux travaux effectués par l’historienne Malika El-Korso. “Elle m’a expliqué qu’elle avait ces lettres depuis déjà trois ou quatre ans. (…) Mme El-Korso l’a dit publiquement dans un entretien accordé au journal El Khabar et dans une contribution parue dans Liberté. Elle m’a révélé qu’elle avait trouvé ces deux lettres dans une boîte portant la mention action psychologique”, déclare-t-elle. En février, un rassemblement de soutien à Zohra Drif est organisé par plusieurs femmes, qui vont appeler à la promulgation d’une loi criminalisant “le révisionnisme historique et toute atteinte aux symboles de la Révolution de 1954”. Une revendication d’une grande actualité, et ce, d’autant qu’on est à la veille du 1er Novembre.