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Mohcine Belabbas à propos de la tentative de déstabilisation de l’APN

“Un message ravageur pour les assemblées élues”

Mohcine Belabbas, président du RCD. © D.R.

“Toute assemblée pourra être bloquée si des forces de l’ombre tapies dans les rouages de l’État estiment que cette structure n’entre plus dans leurs visées ou leurs plans”, prévient-il.

Le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, a longuement commenté, hier, successivement dans son discours d’ouverture du congrès des élus de son parti et lors d’un point de presse tenu en marge, la crise, sans précédent, qui secoue depuis plusieurs jours l’APN, et dont l’épilogue est encore imprévisible. Pour mettre fin à cette crise, qu’il juge du reste “futile”, il préconise la mise en place d’une commission parlementaire pour entendre, dit-il, l’ensemble des protagonistes impliqués, notamment les chefs des groupes parlementaires de la majorité. Pour lui, si la crise a atteint aujourd’hui des proportions alarmantes, c’est parce qu’il y a absence de volonté politique de la solutionner. Selon le président du RCD, la contestation du président de l’APN est, avant tout, anticonstitutionnelle. Le chef du RCD dénonce, ainsi, un “précédent grave dans la pratique des dirigeants officiels”, allusion faite au chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika, et au Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lesquels ne sont autres que les présidents des deux partis, FLN et RND, et dont les députés mènent le mouvement de fronde contre le président de l’APN, en l’occurrence Saïd Bouhadja. Belabbas regrette, en outre, que ce “simulacre de contestation” soit mené en dehors du cadre légal. “Dans ce simulacre de contestation, c’est d’abord la Constitution et les lois en vigueur qui ont été piétinées par ceux-là mêmes qui les ont promulguées”, accuse-t-il. Il craint ainsi que le message délivré à travers cette “tentative de déstabilisation” de l’APN ne soit “ravageur” pour le reste des assemblées élues. “Toute assemblée pourra être bloquée si des forces de l’ombre tapies dans les rouages de l’État estiment que cette structure n’entre plus dans leurs visées ou leurs plans”, prévient-il. M. Belabbas juge que la crise de l’APN serait “fabriquée” par le pouvoir pour, dit-il, dissimuler “la grande crise” qui couve au sommet de l’État. “La crise est, en réalité, plus grande que ce pourrissement à l’APN”, a-t-il martelé, non sans dénoncer les “accusations graves” proférées par les élus de la majorité à l’encontre du président de l’APN et de son secrétaire général. L’armée a-t-elle un rôle à jouer pour le dénouement de cette crise ? Pour le chef du RCD, la “grande muette” ferait plutôt mieux de rester neutre et de se limiter à ses missions constitutionnelles. Si, à présent, l’armée n’intervient pas officiellement dans la crise de l’APN,
M. Belabbas déplore, néanmoins, le fait qu’elle s’implique, dit-il, de “manière officieuse”. “L’armée n’est pas intervenue dans cette crise de manière officielle, certes, mais force est de constater qu’elle le fait de manière officieuse. Nous avons un cas tout récent”, a-t-il soupçonné, allusion faite, vraisemblablement, à l’échange téléphonique, rendu public, entre le directeur de la chaîne privée Ennahar et un officier des services. Sans transition, il dénoncera d’ailleurs la diffusion via la même chaîne et les réseaux sociaux de cet échange “en off” qu’il qualifie de “précédent dangereux”. M. Belabbas dira la même chose de la conversation téléphonique, également diffusée par Ennahar, entre le président de l’APN, Saïd Bouhadja, et un “haut responsable non identifié”. Deux enregistrements diffusés qu’il qualifie de “canular” qui ne font pas honneur au pays. Ces faits, regrette-t-il, “ternissent l’image du pays”. Par ailleurs, le chef du RCD n’a pas manqué l’occasion pour s’élever contre la promulgation de la loi de finances 2019 par ordonnance comme compte le faire le Président pour contourner la crise de l’APN. Selon M. Belabbas, cette procédure est “illégale”, en ce sens, explique-t-il, que ce cas de figure n’est prévu dans la Constitution que lorsque les débats sur cette loi sont déjà engagés à l’APN (art. 138), ou en cas de vacance du Parlement (art. 142) ou encore en cas de situation exceptionnelle et dont l’institution est mise en danger (art. 107).


Farid Abdeladim

 



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