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Système de subventions ciblées pour les familles à faible revenu

Un “modèle idéal” difficile à réaliser

La flambée des prix des produits alimentaires pénalise les petites bourses. © Louiza/Archives Liberté

Pour pouvoir mettre en application une politique de subventions ciblées, il faudra disposer d’un fichier national des personnes nécessiteuses ou à faible revenu. Ce qui n’est toujours pas réalisé.

Le gouvernement est-il prêt à mettre en application le nouveau système de subventions pour un “meilleur ciblage” des familles nécessitant le soutien des pouvoirs publics ? Dès l’entame de la nouvelle année, les produits de consommation, produits subventionnés par l’État compris, ont connu une hausse des prix. Outre le carburant, le ciment et l’électricité et le gaz, les hausses des prix ont touché les produits alimentaires, la viande, les légumes et les fruits qui enregistrent une flambée injustifiable.
Dans les magasins, les prix des différentes marques de produits (café, farine, pâtes, lentilles, pois chiches, riz…) diffèrent d’un commerçant à un autre. La semoule connaît la plus importante hausse de 60% par rapport au prix réglementaire. D’autres produits ne sont pas non plus à l’abri de hausses “injustifiées” ou éventuelles : lait, pain, eau, etc. Depuis fin décembre 2016 à ce jour, de hauts responsables, à l’exemple de MM. Sellal, Tebboune et Zikara, respectivement Premier ministre, ministre du Commerce par intérim et directeur aux Impôts (DGI), se sont succédé pour rassurer les Algériens et souligner “la détermination” de l’État à “maintenir la vocation sociale de l'État” et à “soutenir les prix de produits de base”. Mais aussi pour dénoncer les hausses “injustifiables” et menacer les spéculateurs à l’origine de cette flambée. M. Zikara a même plaidé pour la publication des prix dans les commerces, pour “mettre à nu les augmentations exagérées”.
Plus récemment, M. Tebboune a reconnu que de nombreux opérateurs économiques affichent des prix différents de ceux fixés par la réglementation pour les produits subventionnés. Il a également menacé les spéculateurs de “sanctions maximales” pour “détournement de deniers publics” et “détournement illicite” des aides de l’État. De plus, il a fait part de l’action gouvernementale visant à “protéger l'économie nationale” et à “préserver les ressources extérieures du pays”. En ce mois de février, soit à 2 mois des élections législatives, une campagne nationale contre la spéculation est menée par plusieurs associations de protection du consommateur (Apoce, Ugcaa, Anca…). Elle cible le prix de la semoule subventionnée, un produit très demandé dans “l’Algérie profonde”, qui constitue un gisement électoral, et devrait se poursuivre pour d’autres produits subventionnés, comme le sucre et le gaz.
Cette action confirme, si nécessaire, que le moment est mal choisi pour parler du nouveau système de subventions ciblées. Assisterons-nous à une levée progressive des subventions ? Apparemment oui, au regard des nouveaux prix déjà affichés, y compris celui de l’orge, vendu à 2 300 DA au lieu de 1 550 DA le quintal aux éleveurs. Même si le FMI recommande la “refonte” entière du système des subventions, les priorités sont ailleurs en Algérie, actuellement. Outre la dévaluation du dinar et son impact, l’équipe de Sellal se trouve devant plusieurs défis et priorités, notamment la lutte contre les barons de l’économie informelle et l’organisation du réseau de distribution, de stockage et de contrôle, à travers tout le pays.
À cela vient s’imposer l’autre priorité : l’établissement d’un fichier national des familles nécessiteuses, lequel exige une connaissance des revenus des ménages, en premier lieu les faibles revenus. N’est-ce pas M. Sellal qui déclarait que le système de subvention ciblée est “un mode idéal exigeant une administration organisée et des élus qualifiés” ?


Hafida Ameyar
 



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