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Noureddine Leghliel, spécialiste des marchés pétroliers

“Un prix du Brent à 40-45 dollars est exclu en 2018”

© D.R.

Les prix du pétrole sont sur une tendance haussière. Sauf évènement exceptionnel, un retournement de tendance n’est pas envisagé par cet expert en 2018.

Liberté : Après avoir atteint les 70 dollars, le prix du baril du Brent se retrouve à 62 dollars, ce vendredi 9 février. Comment expliquez-vous cette baisse brutale ?
Noureddine Leghliel : Pour analyser le marché pétrolier, on a pris l'habitude d'utiliser l’analyse fondamentale qui est une approche basée sur l’étude des fondamentaux du marché pétrolier tels que l’offre et la demande mondiale en pétrole, les stocks américains de pétrole, les réserves mondiales, la conjoncture économique mondiale, la corrélation entre le cours du dollar et le prix du baril, etc. Cette approche, bien qu' elle soit utile, s'avère parfois incomplète et la baisse actuelle des cours est un bon exemple pour dévoiler les limites de cette approche. Je m’explique : le vendredi 2 février, le baril du Brent du contrat du mois de mars 2017 avait atteint 70,11 dollars sur les marchés asiatiques et le vendredi 9 février, à la fermeture de la Bourse de Nymex, le même contrat s’est retrouvé à 62,65 dollars (une baisse de plus de 12%). Pendant cet intervalle de temps, d'une semaine, aucun élément des fondamentaux des marchés pétroliers n’avait été changé, à l’exception d’une petite hausse de 1,2% constatée sur l’indice du cours du dollar et d'une maigre augmentation graduelle de la production quotidienne américaine en pétrole.
Par contre, les stocks américains publiés ce mercredi augmentaient moins que prévu par les analystes. La baisse actuelle des cours du Brent obéit plutôt aux concepts d'une autre approche appelée l'analyse technique : le cours du Brent atteignit  le jeudi 25 janvier un premier sommet du prix à 70,96 dollars suivi par une baisse des cours qui fut stoppée sur le niveau du plancher des 68 dollars. Le jour d’après, le cours du Brent repart à la hausse pour atteindre un second sommet à 70,11 dollars le vendredi 2 février.
D'après les concepts des doubles sommets de l’analyse technique, les prix ont tendance à repartir à la baisse juste après le second sommet, ce qui explique parfaitement la baisse de 12% du prix. Malheureusement, le fait que le prix du Brent a non seulement franchi à la baisse le plancher à court terme des 68 dollars, mais aussi l’ancien sommet des prix du mois de mai 2015 (67,33 dollars) cela veut dire que les probabilités d'une nouvelle remontée des cours vers 70 dollars demeurent faibles.
En conclusion, nous dirons que la baisse actuelle s’apparente plus à une correction technique mais les jours à venir nous donneront une meilleure réponse.

Quelles sont vos prévisions concernant l'évolution des prix du pétrole en 2018 ?
L'extrême volatilité qui règne actuellement sur le marché pétrolier et les turbulences que subissent actuellement les marchés financiers internationaux rendent les perspectives d’une anticipation des cours du Brent ainsi que ceux du Wti difficiles. Certes, comme je l’avais déjà dit, il y a une année sur le journal Liberté, les marchés pétroliers ont retrouvé leur force et un prix du Brent à 40 ou 45 dollars est complètement exclu.  

Pensez-vous qu'une augmentation de la production américaine pétrolière de schiste puisse inverser, l'année en cours, la tendance actuellement haussière des prix du pétrole ?
J’avais répondu à cette question l’année passée et le temps m’avait donné raison. Aujourd'hui, je le répéte, la question du schiste américain est entre les mains des majors pétroliers, contrairement à la situation de 2012 à 2016 où les petites et moyennes entreprises pétrolières américaines se livraient à une concurrence mortelle sur l’exploration et l’exploitation des pétroles de schiste aux USA. Les multinationales pétrolières ne veulent pas d’une tendance baissière des prix du pétrole et donc ne veulent pas intensifier la production de pétrole de schiste US. L’impact du pétrole de schiste américain sur les cours du baril Wti (négocié sur le maché pétrolier de New York) sera limité à mon avis.


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népourêtrelibre le 13/02/2018 à 14h24

Même si le prix du baril de pétrole à 200 dollars ne porterait pour les Alger....riens..... ! La Suisse, la Belgique, l'Espagne n'ont pas de pétrole mais ils sont biens sur tous les plans... Notre mal à tous nous le connaissons très bien, à nous de le démanteler de ses racines pour qu'il ne se régénère plus jamais ainsi que les islamistes biscornus.

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