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Deux décrets présidentiels endossés par le gouvernement

Une académie et un conseil supérieur pour la langue amazigh

Les deux textes visent, selon le communiqué du Conseil de gouvernement, “à créer des institutions ayant pour objectif sa promotion et son développement dans toutes ses variétés linguistiques, en usage sur le territoire national”.

Attendue depuis déjà plusieurs mois, la décision prise hier par le Conseil de gouvernement de doter la langue amazigh de deux instruments à même de lui assurer la promotion va-t-elle constituer une révolution en la matière ? Certes, il est prématuré de s’avancer sur ce dossier tant que l’on ne sait pas encore les détails du projet ainsi que la composante de ces institutions et leurs missions, mais cela constitue sans nul doute une avancée dans le long chemin de la réhabilitation d’une des composantes essentielles de l’identité nationale.
Le Conseil de gouvernement a donc adopté après examen du dossier deux projets de décrets présidentiels présentés par le ministre de l'Éducation nationale portant sur les institutions à mettre en place pour la revalorisation de la langue amazigh, à savoir l'académie et le conseil supérieur de la langue amazigh. Les deux textes, pris en application de l'article 3 bis de la Constitution qui énonce que tamazight est également langue nationale, visent, selon le communiqué du Conseil de gouvernement, “à créer des institutions ayant pour objectif sa promotion et son développement dans toutes ses variétés linguistiques, en usage sur le territoire national”. Le premier projet de décret présidentiel porte création, missions, organisation et fonctionnement de l'académie algérienne de la langue amazigh qui est une institution nationale à caractère scientifique et culturel et le second a pour objet de fixer la création, les missions, l'organisation et le fonctionnement du conseil supérieur de la langue amazigh qui est une instance nationale.
Le communiqué du Conseil de gouvernement précise que cette institution et cette instance sont placées sous la tutelle de la présidence de la République. Elles consacrent, d’après toujours le communiqué, “la ferme volonté des pouvoirs publics d'accorder à cette dimension de notre identité nationale toutes les conditions aptes à lui permettre d'occuper la place qui lui revient dans notre société”. La mise en place de ces deux institutions découle directement des négociations qui ont eu lieu entre les représentants du mouvement citoyen de Kabylie et le gouvernement dirigé par Ahmed Ouyahia.
Lors de la même séance, le Conseil de gouvernement a entendu une communication du ministre de l'Énergie et des Mines portant présentation du schéma directeur des réseaux d'énergie. Ce schéma, établi sur la base d'un diagnostic exhaustif du secteur, s'inscrit dans le cadre général du schéma national d'aménagement du territoire, à l'horizon 2025. Il tient compte, selon le communiqué du conseil, des évolutions en cours et des scénarios souhaités pour décrire les enjeux possibles et proposer des lignes directrices et programmes d'actions territoriales adéquates. Dans le domaine de l'énergie électrique et gazière, le schéma proposé trace les contours du développement des infrastructures en moyens de production en électricité et en gaz afin de répondre à l'évolution des besoins futurs de la population et de l'économie. À ce titre, il identifie les mesures à engager, à l'effet d'augmenter la production d'électricité, de renforcer les capacités de transport de l'énergie électrique et du gaz et de développer les ouvrages de soutien à ces objectifs, à l'effet d'améliorer les taux de raccordement des foyers à ces sources d'énergie. Parallèlement, les efforts de développement de l'activité aval du secteur des hydrocarbures obéissent, plus qu'auparavant, à la logique de satisfaction de la demande du marché national. Les mesures qui seront engagées porteront, ainsi, sur le développement des activités de transformation et de raffinage, le transport par canalisations et la densification du réseau de distribution des produits pétroliers.
Par ailleurs, 13 projets d'usines de dessalement d'eau de mer sont programmés pour atteindre une capacité totale de 2,26 millions de m3/j et seront raccordés au réseau électrique de moyenne ou de haute tension.
En outre, le document précise une programmation de projets pour la promotion des énergies renouvelables, avec l'introduction du nucléaire.

H. Saïdani