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A la une / Actualité

Valorisation de 2,5% des pensions et allocations de retraite

Une augmentation symbolique

D’aucuns estiment que la dernière valorisation de 2,5% des pensions et allocations de retraite à partir du mois de juin courant est insuffisante par rapport à la cherté de la vie à laquelle fait face au quotidien le retraité. Le secrétaire général de la Fédération des textiles et des cuirs (UGTA), Amar Takjout, a eu à le rappeler hier sur les ondes de la Radio nationale. “C’est une revalorisation symbolique” pour les 2,8 millions de retraités, lance-t-il, tout de go, au début de l’émission “Mouachirate” (Indicateurs) de la Radio Algérie Internationale. Il a été décidé de revoir à la hausse les pensions de retraite de 5% depuis plusieurs années, explique-t-il, dans le but d’améliorer le niveau de vie des retraités confronté à une inflation dont le taux est en constante hausse. “L’objectif était de rattraper cette inflation pour qu’il n’y ait pas un grand écart”, précise M. Takjout. Malheureusement, ces deux dernières années, seuls 2,5%, regrette-t-il, ont été octroyés aux retraités.
Or, les études et les analyses ont montré que la revalorisation devrait atteindre 7% pour que le retraité puisse faire face au taux d’inflation actuel évalué à 7%. Cependant, la Caisse nationale des retraites (CNR) vit une crise financière depuis plus de 5 ans. M. Takjout avoue que le nombre de travailleurs, qui ne cesse de baisser, a influé
négativement sur la situation financière de la CNR. Pis, la plupart des postes d’emploi créés sont restés précaires et ne dépassent pas une durée d’une année. Ce qui a vidé, souligne le syndicaliste de l’UGTA, les caisses de la CNR. À cela, M. Takjout ajoute le rush qu’a connu la CNR suite au départ massif d’employés en retraite anticipée avant la date butoir du 31 décembre 2016.
Plus de 200 000 retraités ont été enregistrés par la CNR en une seule année, alors que le nombre de personnes qui arrivent sur le marché de l’emploi avoisine les 15 000 uniquement. Cela étant, pour que la Caisse puisse concrétiser son équilibre, il faut un rapport de 5, voire
7 employés pour chaque retraité. Ce n’est pas le cas actuellement, puisqu’en moyenne, seuls 2,5 employés travaillent pour un retraité. “On en est encore loin”, indique M. Takjout. Pour le SG de la Fédération, la situation délicate que vit en ce moment la CNR n’est pas liée à la crise du pétrole, mais elle a une relation directe avec l’économie nationale. La CNR a besoin d’une économie forte, productrice et créatrice d’emplois. En termes plus clairs, la caisse ne doit pas attendre les recettes de la fiscalité pétrolière pour qu’elle puisse payer les pensions des retraités. Elle doit s’autofinancer. Un avis partagé par l’expert financier Abderrahmane Aya qui affirme que le financement de la CNR est estimé à 6 500 milliards de dinars, soit 18% du budget de l’État de l’exercice 2017. Devant pareille situation, Amar Takjout évoque la nécessité de revoir le système de gestion et d’organisation de la CNR. Il insiste sur l’émergence d’une économie développée ayant pour soubassement un tissu de PME/PMI étoffé créateur de richesses et d’emplois. Car, argue-t-il, 35% de la masse salariale des entreprises (26% employeur et 9% salarié) vont aux caisses de la CNR, de la Cnas, de la Cnac… Le représentant de l’Ugta pense que l’éradication de l’informel, qui représente 46% de l’économie nationale, est l’une des solutions pour remplir les caisses de la CNR. Le déficit de la CNR a été couvert, relève M. Takjout, par les fonds des caisses de la Cnas, de la Casnos, de la Cnac et de la Cacobatph, depuis 3 ans suivant le système de solidarité inter-caisses. En 2017, une enveloppe de 400 milliards de dinars a été également débloquée par la Cnas, la Casnos et la Cnac au profit de la CNR. L’incidence financière de cette nouvelle mesure pour l'année 2017, faut-il le préciser, est de l'ordre de 20 milliards de dinars. En tout cas, la dépense annuelle de la CNR est de l'ordre de 1 000 milliards de dinars. “On aurait aimé que cet excédent dont disposent ces caisses soit utilisé pour améliorer les prestations des assurés sociaux, des travailleurs et des retraités. On aurait aimé que les employés bénéficient amplement de cet excédent. Celui-ci ne doit pas être orienté pour couvrir uniquement le déficit de la CNR de manière systématique”, commente Amar Takjout. Par ailleurs, M. Aya note que les nouveaux départs à la retraite, notamment ceux de la retraite anticipée, engendreront plus de pression sur le budget de l’État. En encourageant le départ à la retraite anticipée, le gouvernement voulait réduire les dépenses publiques, d’autant plus que les 2/3, soit 50 000 des salariés, travaillent dans la Fonction publique. “On a voulu réduire les dépenses publiques, mais dans le même temps, on a provoqué le déficit de la CNR”, déplore l’économiste. Le taux global des revalorisations a atteint, depuis 2010, près de 60%, souligne-t-on.

B. K.


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