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Grandiose mobilisation du 12e vendredi

Une endurance à toute épreuve

Les citoyens sont sortis en masse, hier, à Alger. © Louiza Ammi/Liberté

Le chef de l’État par intérim et ses soutiens au sein du pouvoir ont eu droit à une nouvelle salve de slogans, on ne peut plus clairs, réitérant l’attachement du mouvement du 22 février à la transition hors du système. 

Ceux qui ont tablé sur l’essoufflement du mouvement populaire et sur sa démobilisation dans le contexte actuel marqué par le Ramadhan ont eu droit à une cinglante réponse en ce 12e acte de protestation. Plus qu’une simple réponse comme furent les précédents vendredis, l’acte XII signe une fin de non-recevoir aux offres douteuses, aux manœuvres et aux provocations des hommes du système encore en place, qui tentent de s’allier le mouvement à leur agenda visant une transition en interne. Un agenda d’une affligeante platitude, parce qu’inspiré de la culture du système, de ses hommes qui feignent d’ignorer que le peuple n’en fait même pas un objet de débat, mais réclame leur départ. Et à tous. En guise d’écho à l’invitation de Bensalah, perçue, par ailleurs, comme une provocation de plus, le chef de l’État par intérim et ses soutiens au sein du pouvoir ont eu droit à une nouvelle salve de slogans, on ne peut plus clairs, réitérant l’attachement du mouvement du 22 février à sa solution, qui ne peut s’accommoder, pour la prochaine étape, des intrus ou de l’intrusion des résidus du système dans sa gestion. Aussi, exceptionnellement par leur nombre, les Algériens ont commencé à occuper les habituelles places publiques tôt le matin de ce vendredi, pour entamer plus tôt les manifestations pacifiques. Une manière de déjouer les pronostics de ceux qui misaient sur l’usure, particulièrement avec le Ramadhan. Mieux encore, ce contexte a conforté le mouvement puisque, selon les appels lancés sur les réseaux sociaux, la contestation se poursuivra même après le ftour, lui donnant ainsi une autre dimension. Un prolongement à la hauteur de ses objectifs. Et le message demeure le même : “Partez tous”, qui s’accompagne désormais de la mise à jour des slogans, adaptés à l’évolution de la situation. C’est ainsi que le chef d’état-major de l’armée a été interpellé, rappelé à ses engagements publics d’accompagner le mouvement et invité à choisir son camp comme il l’avait promis. Et ce 12e vendredi intervient également à un moment où la justice, qui s’est soudainement mise à ouvrir de gros dossiers, et avec une telle célérité, que d’aucuns, hommes politiques, avocats et organisations des droits de l’Homme, y voient non pas une opération mains propres, mais une opération “règlement de comptes” tant elle ne s’est pas limitée à “juger el 3issaba” (la bande) comme réclamé par la rue. Le dernier cas est celui de Louisa Hanoune, convoquée ce jeudi comme témoin, qui s’est retrouvée placée en détention préventive. Ce qui a d’ailleurs soulevé une vague de réprobation et d’indignation. Les manifestants, sortis encore une fois, par millions, dans les rues à travers le pays, n’ont pas manqué de rappeler avec force, et toujours avec cet infaillible caractère pacifique, qu’il y a une seule feuille de route, celle énoncée le 22 février dernier, pour le changement de système. Et que toute autre option est rejetée parce qu’allant dans le sens de l’agenda des hommes de ce même système qui manœuvrent pour le régénérer. C’est dans ce sens que verse aussi cet entêtement à imposer la solution “constitutionnelle”, alors que cette Constitution, qui n’a jamais été l’émanation du peuple, a été “taillée” sur mesure par le système et pour le système, et adoptée par une Assemblée nationale à la légitimité contestée. C’est ce que rappellent aussi ces millions d’Algériens qui investissent la rue, depuis février. La grandiose mobilisation d’hier a été un écho défavorable à ceux qui s’évertuent à dire comprendre le peuple, à reconnaître la légitimité de ses revendications, mais se livrent, derrière son dos, à des “combines” pour détourner ou dévier son mouvement de sa trajectoire “historique”. 

Djilali B.



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