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A la une / Actualité

Messaoud Babadji, universitaire, parle de la consécration de yennayer

“Une justice pour la population”

Au lendemain de la célébration de Yennayer dans sa version fête nationale officielle, une conférence-débat, sur “Yennayer un droit culturel”, organisée par la Laddh(aile de Me Dabouze) a été donnée au siège local de l’organisation, hier, par un universitaire et militant des droits de l’Homme, Messaoud Babadji, qui donnera, tour à tour, une dimension historique, culturelle et politique à son intervention. Et dès le préambule, le vice-président de la Laddh, posera le débat, justement, rappelant que “beaucoup de sang a coulé en Algérie quand on a pas voulu respecter ce droit culturel… le pouvoir a alimenté la division sur cette question et maintenant il a décidé d’accepter probablement avec des arrière-pensées, mais on s’en moque”, et de poursuivre sur l’impact de dette évolution : “Ce qui compte c’est que justice a été rendue à une population qui ne se sent plus coupable, on a enlevé un problème qui risquait de devenir très dangereux.”
Ce risque de division, de pousser à la confrontation la population, a été aussi la remarque faite par le conférencier qui s’est appesanti sur le contexte de l’officialisation de Yennayer comme fête nationale. “En Oranie Yennayer a de tout temps été célébré, c’est une tradition mais aujourd’hui cette reconnaissance intervient dans un contexte de lutte de clan de pouvoir et de succession et au même moment de la promulgation de la loi des finances”. Un parallèle que l’universitaire justifie en rappelant que les dernières manifestations des étudiants à Batna et à Bouira avaient pour revendication tamazight mais aussi se positionnaient contre la loi des finances 2018, celle des mesures d’austérité. Pour l’orateur, militant reconnu de la question tamazight mais pas seulement, son propos expliquera-t-il est de casser “cette équation que tamazight c’est uniquement la Kabylie, il faut au contraire saisir cette occasion (officialisation de Yennayer fête nationale, ndlr) d’agir pour la réconciliation”, et de poursuivre sur la déculturation et l’aliénation de notre histoire et de notre culture tout d’abord par le système colonial et après par les
50 ans du régime en Algérie, avec les effets que l’on connaît. L’orateur, de manière pédagogique, évoquera pour ce faire, l’histoire de “l’Oranie Numidie occidentale”, et de son royaume “Massaessylie, le roi Syphax et la capitale Chiga” pour étayer ses propos sur la mémoire des hommes que l’on efface mais que “Celle de la terre est toujours là, celle-là ne peut être effacée”. Et le juriste et conférencier d’estimer qu’aujourd’hui il était important avec cette reconnaissance, avec bientôt l’académie tamazight, de jeter des ponts, dénonçant cette propension à vouloir séparer ou opposer la lutte culturelle, la lutte pour tamazight aux luttes des droits humains, mettant encore en garde sur “ce courant” ou cette tendance  à parler “d’Algériens de souche, à la manière du Front national qui parle de Français de souche, nous sommes des Algériens ayant les mêmes droits, les mêmes devoirs. Historiquement certains sont arabophones et d’autres berbérophones”. De manière générale lors du débat qui s’est engagé avec les présents la conscience était sans équivoque sur les pratiques du pouvoir, instrumentalisation de la revendication de tamazight et l’orateur de prendre à son compte les propos d’un auteur qui disait que “la manière d’enseigner l’histoire et de l’écrire, une histoire tronquée de sa dimension tamazight, est le dernier verrou à faire sauter dans notre pays”.

D. LOUKIL


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