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importation des Véhicules de moins de 3 ans

Une mesure fortement populiste

© Archives Liberté

La projection du retour de l’importation des véhicules d’occasion a été galvaudée au moment où des opérateurs sont dans le collimateur de la justice pour des affaires de corruption, de surfacturation et de transfert illégal de devises.

Contraints en 2014, c’est-à-dire à l’ère de l’ex-ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb, de développer une activité industrielle ou semi-industrielle pour pouvoir prétendre obtenir un agrément pour exercer dans le secteur de l’automobile, les opérateurs économiques se retrouvent, moins de cinq ans après, en difficulté, après l’annonce par le gouvernement de réintroduire l’importation des véhicules d’occasion de “moins de trois ans”, d’une part, et la diminution des importations des kits CKD-SKD pour réduire les dépenses en devises aux fins de maîtriser et de rationaliser les réserves de changes, d’autre part. Hier, les concessionnaires et les constructeurs automobiles que nous avons pu joindre au téléphone étaient unanimes sur le risque que fait porter cette décision sur le devenir de l’activité d’assemblage des véhicules et celle liée à la création d’un tissu de sous-traitance et à l’implantation des équipementiers au niveau des zones industrielles. “D’une part, la nouvelle ministre de l’Industrie et des Mines veut rappeler à l’ordre les opérateurs qui ne respectaient pas le cahier des charges, notamment la clause inhérente au taux d’intégration et, d’autre part, on annonce un retour à la case départ, c’est-à-dire à l’importation des véhicules usagés et âgés de moins de trois ans. Cette annonce nous met devant une situation kafkaïenne, car nous avons signé des engagements avec nos partenaires et avons franchi le cap de l’évolution de cette industrie naissante. La preuve, nous avons consenti de lourds investissements, notamment sur les infrastructures, les technologies, la formation, la logistique, le management, le marketing et l’après-vente”, nous a expliqué un responsable qui exerce chez un constructeur automobile. 

Sceptique quant au succès de cette mesure populiste introduite par un gouvernement éphémère, qui devait, par ailleurs, gérer les seules affaires courantes, un autre responsable s’interrogeait sur les desseins d’une décision qui s’inscrit en porte-à-faux avec la dynamique des opérateurs et de leurs partenaires étrangers qui manquaient déjà de visibilité. “Certes, les insuffisances criantes relevées dans l’activité du montage méritaient une évaluation et un rappel à l’ordre des opérateurs qui continuent à faire du simple boulonnage et à investir dans de vulgaires hangars, mais cela ne justifie guère une telle démarche. À la limite, les opérateurs pouvaient accepter le retour aux licences d’importation de véhicules neufs pour les marques qui ne développent pas une activité industrielle ou semi-industrielle. On aurait pu également faire appel aux opérateurs historiques et aux familles qui avaient porté ce secteur lorsqu’il était à l’état embryonnaire”, développe un ex-opérateur. Selon ce dernier, l’importation des véhicules de moins de trois ans nécessite des formes juridiques et financières d’appoint que seul un gouvernement désigné par un président élu pourrait mettre en place. Si pour le moment, le ministre en charge du secteur du commerce, Saïd Djellab, a estimé que l’objectif est de faire pression sur les prix des véhicules fabriqués localement et de favoriser la baisse des prix, non sans glaner les devises qui circulent sur le marché parallèle, il est clair que la projection du retour de l’importation des véhicules d’occasion a été galvaudée au moment où plusieurs opérateurs de ce secteur sont dans le collimateur de la justice pour des affaires de corruption, de surfacturation et de transfert illégal de devises. Quid du citoyen intéressé par un véhicule d’occasion d’origine européenne ou asiatique ? Il faut noter d’emblée que la différence de la monnaie européenne, échangée à 220 DA sur le marché parallèle et à près de 140 DA dans les banques, s’établit entre 36 et 40%. 
Ainsi, le recours au marché parallèle induirait de facto l’encouragement des circuits informels de change et, par ricochet, la flambée de l’euro. Ce paramètre, à lui seul, contredit la stratégie de l’État qui voudrait instaurer un secteur à forte valeur ajoutée et qui contribuerait au budget de l’État. Du reste, l’Association des concessionnaires et des constructeurs automobiles algériens (AC2A) n’a pas réagi à cette mesure populiste qui, vraisemblablement, vise à apaiser les esprits.


FARID BELGACEM


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