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Des drames continuent de marquer le pèlerinage annuel

Une obligation à haut risque ?

Une tragédie a marqué, encore une fois, les Lieux Saints avec la mort avant-hier de quatorze pèlerins dans une bousculade à Mina. L’accident est survenu lorsque des pèlerins qui regagnaient leurs campements après avoir fini la dernière étape du hadj ont croisé d’autres pèlerins venant en sens inverse, selon les explications du commandant des forces de sécurité à La Mecque. Ce qu’il y a lieu de relever après cet énième drame, c’est qu’il ne se passe plus une année sans que le pèlerinage soit émaillé d’accidents graves. Bousculades et incendies provoquent pratiquement chaque année la mort de dizaines, voire de centaines de hadji si l’on se réfère à l’historique des trois dernières  décennies. Deux cents pèlerins ont trouvé la mort en 1975 dans un incendie qui s’est déclaré dans un campement, un drame qui se répètera malheureusement plusieurs fois.  Le 20 novembre 1979, plusieurs centaines d’hommes armés prennent en otage des dizaines de pèlerins. L’assaut donné le 4 décembre avec l’aide de trois militaires français du Gign est meurtrier : 153 morts et 560 blessés. En 1987, la répression s’était abattue sur des pèlerins iraniens qui organisaient une manifestation. 402 morts dont 275 Iraniens, selon un bilan officiel. Le 15 juillet 1989, un campement de toile avait brûlé sur le mont Gabis, causant la mort de cinq pèlerins. Mais le drame le plus meurtrier et dont tout le monde se souvient certainement reste celui qui s’est produit en juillet 1990, avec la mort par asphyxie de 1 426 pèlerins, dans une gigantesque bousculade provoquée par l’arrêt de la climatisation dans un tunnel de Mina. En 1994, 700 pèlerins sont morts piétinés  après une bousculade dans l’un des tunnels d’accès à Mina. Un incendie a ravagé 17 000 tentes en 1995, faisant trois morts et 99 blessés. Le campement était heureusement vide au moment du sinistre, sinon le bilan aurait été beaucoup plus lourd. Mais le malheur a encore frappé deux ans plus tard, lorsqu’un gigantesque incendie s’est déclaré dans un campement, détruisant 70 000 tentes. Le bilan faisait état de 343 morts et de 2 000 blessés alors que certaines sources parlaient de 600 morts. Quelques jours plus tard, un nouvel incendie s’était déclaré non loin de cette zone, sans faire de victimes. En 1998, plus de cent pèlerins ont trouvé la mort dans une bousculade  à Mina. Les victimes sont tombées d’une balustrade haute de 4 mètres. Il faut dire que le dernier jour du pèlerinage est celui qui connaît la plus grande affluence pour l’accomplissement de la dernière étape, la lapidation des représentations du diable. C’est encore lors de ce dernier rituel, en 2001, que 40 pèlerins ont péri. En définitive, il faut croire que le pèlerinage a de plus en plus tendance à devenir une obligation à haut risque.

R. M.