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Lakhdar Brahimi invité de la télévision algérienne

Une opération de communication ratée

Il serait bien utile de connaître la pertinence de l’émission diffusée hier par la chaîne A3 de l’ENTV qui, durant presque une heure, a tendu le micro à Lakhdar Brahimi. La casquette de diplomate “international”, avec laquelle il a été présenté, aurait pu, à la limite, justifier sa présence sur le plateau, mais son discours, plus proche du VRP du système, l’a grandement discrédité.
En somme, c’est beaucoup plus à une opération de communication et de séduction, plutôt ratée, à laquelle les téléspectateurs d’A3 ont eu droit. D’abord, Lakhdar Brahimi s’est adonné au périlleux exercice de vanter la bonne santé du Président en déclarant : “La santé du Président est stable, mais sa voix et ses jambes sont trop faibles pour faire un discours, mais je vous assure qu’il possède 100% de ses capacités intellectuelles.” En équilibriste mal exercé, Lakhdar Brahimi s’est dit heureux et optimiste de la révolte de la jeunesse algérienne et de sa maturité en disant non au 5e mandat et oui pour une deuxième République. Mais son optimiste et son bonheur se sont vite émoussés lorsqu’il a fait le parallèle avec la Syrie et l’Irak. Reprenant la littérature des tenants du système, il met en garde contre la chute de l’État.
Lakhdar Brahimi, qui dit être “un citoyen algérien qui veut voir ce qui se passe dans son pays”, ne semble pas avoir saisi le message du peuple qui ne veut pas la chute de l’État, mais celle du système. Un système pour lequel le diplomate “international” a essayé d’obtenir un sursis. En effet, Lakhdar Brahimi nous expliquait hier que le délai fixé pour la fin de l’année 2019 est trop court. Selon lui, le Président a répondu favorablement à toutes les exigences de la population ajoutant que “le peuple algérien s’est d’abord exprimé contre le 5e mandat, puis les revendications sont montées d’un cran, en exigeant une 2e République et un changement radical”.
Il poussera même le bouchon jusqu’ à affirmer que cette lettre a suscité de la joie chez la jeunesse. Il a indiqué que “nous devons être prudents et nous inspirer de nos précédentes expériences. Nous devons tous saisir cette opportunité pour aller vers une 2e République”. Selon lui, “la conférence nationale est nécessaire, mais elle doit être source de débat et susciter un consensus très large”. Disant une chose et son contraire, Lakhdar Brahimi nous apprend que le Président ne veut pas participer à la construction d’une deuxième République, mais en même temps, il plaide pour en être le chef d’orchestre en organisant la conférence nationale.
Lakhdar Brahimi a sûrement raison de dire que le changement prend du temps et qu’il ne faut pas se tromper de chemin. Et qu’il ne faut pas aller vers une Constitution qui sera changée au bout de six mois.
Il a aussi raison de rappeler toutes les occasions ratées pour le changement en Algérie depuis 1962. Mais ce que Lakhdar Brahimi oublie de dire, c’est que le bon chemin à prendre, aujourd’hui, pour éviter de rater l’occasion, c’est d’évincer du processus ceux qui en sont responsables. Celui dont le nom a circulé pour prendre la présidence de la conférence nationale a démenti sa supposée nomination. “Je n’ai pas été désigné en qualité de président de la conférence. J’espère que la personne qui sera désignée sera beaucoup plus compétente et plus expérimentée que moi”, a-t-il déclaré.
Le choix porté sur Lakhdar Brahimi pour promouvoir le scénario du prolongement du mandat et de l’annulation de l’élection semble avoir été un flop. Une erreur de casting d’un système qui ne veut toujours pas écouter le peuple.  


Saïd Smati

 


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