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L'Opep surmonte ses divisions

Une réduction de 1,2 million de barils/jour


En limitant la production de ses membres et en attendant celle de ses partenaires, l’accord permettrait de mettre fin à la surabondance de l’offre qui a fait chuter les prix.

C’est la première baisse décidée par l’Opep depuis la fin de 2008. Ses membres réunis à Vienne sont finalement parvenus à un accord. Une première depuis 8 ans. Les membres de l'Opep, réunis à Vienne, sont finalement parvenus à un accord hier, mercredi, pour soutenir les prix du baril. L’organisation a décidé de réduire sa production de 1,2 million de barils/ jour à 32,5 millions.
Cette accord de réduction engage 12 des 14 membres de l'Opep, la Libye et le Nigeria ont été autorisés à maintenir leur niveau de production actuel, en raison de leur extrême difficulté financière. L’Irak, deuxième producteur de l’Opep, devra donc faire un effort tout comme les pétromonarchies du Golfe arabo-persique, l’Algérie, l’Angola ou le Venezuela.
L’Irak a accepté de réduire sa production d'environ 200 000 barils/jour à 4,351 millions de barils/jour. Même la Russie, qui n'est pas membre de l'Organisation, s'est engagée à pomper 300 000 barils de pétrole en moins par jour. Dans le cadre de cet accord, l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a accepté de ramener sa production à 10,06 millions de barils/jour.
La production saoudienne a atteint 10,54 millions de barils/jour en octobre. La réunion a également permis à l'Iran de fixer un nouveau plafond de production à 3,79 millions de barils/jour.
Cet accord passé entre les 14 pays de l'Opep est conforme à l'objectif de principe bouclé en septembre à Alger. Les ministres de l'Opep s'étaient fixé pour objectif, il y a deux mois à Alger, de ramener leur production entre 32,5 et 33 millions de barils/jour (mbj) et de parvenir à un accord avec d'autres grands producteurs, notamment le premier d'entre eux, la Russie, qui s'est dit favorable sur le principe. La concrétisation de cet accord était très attendue par les marchés.
En limitant la production de ses membres et en attendant celle de ses partenaires, l’accord permettrait de mettre fin à la surabondance de l’offre qui a fait chuter les prix et a porté un coup aux finances des pays producteurs. Depuis près de deux ans maintenant, le cours du pétrole a largement baissé.
En janvier 2016, le prix du baril de pétrole brut est passé sous la barre des 30 dollars. Ce prix n'avait pas été atteint depuis près de 12 ans. Aussitôt après les premières dépêches d'agence annonçant un compromis en début d'après-midi, le prix du baril a bondi au-dessus des 50 dollars. Soit une hausse de 8% depuis l'ouverture du jour.
Ce prix n'avait pas été atteint depuis le 28 octobre. Depuis le début de l'année, le prix moyen du baril de Brent est de 44 dollars. La concrétisation de cet accord s’est faite au forceps. En effet, malgré la volonté affichée de dépasser les désaccords persistants entre Arabie saoudite, l’Iran et l’Irak, l'incertitude était forte hier matin sur les chances d'un accord, en vue d'une limitation de production au sein de l'Organisation.
Un accord de limitation de la production était réclamé par les pays les plus dépendants de la manne pétrolière comme le Nigeria ou le Venezuela mais il achoppait sur les fortes rivalités entre l'Iran et l'Arabie saoudite, et la situation précaire de certains producteurs en guerre, à l'image de l'Irak et de la Libye. À la veille de la réunion, les analystes étaient très prudents.
Certains jugeaient que les chances d'une réduction de production étaient vraiment faibles et que l’Organisation allait renvoyer toute décision à sa prochaine réunion dans six mois.
Certains experts de Morgan Stanley et de Macquarie estimaient que les prix du pétrole pourraient descendre à 35 dollars le baril si l'Opep ne parvenait pas à un accord. Cette prudence des analystes était justifiée par les déclarations des uns et des autres qui mettaient à rude épreuve la concrétisation d’un accord. 
En effet, mardi, l'Arabie saoudite a fait savoir qu'elle serait prête à rejeter un accord si tous les membres (excepté la Libye et le Nigeria) ne participaient pas un gel de la production. En retour, le ministre iranien du Pétrole a fait valoir le droit de son pays à augmenter la production jusqu'à retrouver les niveaux d'avant les sanctions internationales.
L'Irak a également demandé un traitement de faveur pour maximiser ses revenus du pétrole afin de financer la lutte contre le groupe État islamique. Maintenant que l’Opep est arrivée à surpasser ses divergences internes en décidant de cette réduction, il reste, en premier lieu, à impliquer les pays non-Opep dans cette dynamique de réduction.
L’Opep va demander aux pays non-membres de l’Organisation de porter une partie du fardeau, estimé à environ 600 000 barils/jour. Mais surtout veiller au respect des quotas qui seront définis. L’histoire a montré que les membres de l’Organisation n’étaient pas très regardants quant au respect des quotas.

Saïd Smati



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LACIGALE le 02/12/2016 à 9h37

l"Arabie Saoudite devrait payer pour sa mauvaise stratégie qui a causé la chute des prix à la mi 2014 en cherchant à étouffer la production de pétrole de schiste américain;elle aurait pu réduire son quota de moitié pour permettre à l'Irak et à l'Iran de combler leur manque à gagner pour des raisons connues de tous. L'OPEP ne finira pas de manger son pain noir ,le sur-stockage de ce produit des pays consommateurs ne s'épuisera pas avant le 2 éme semestre 2017.

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