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41e anniversaire du Printemps berbère d'avril 80

UNE SI LONGUE MARCHE

© Archives/Liberté

Aujourd’hui, même si la célébration du Printemps berbère peut être, encore une fois, circonscrite à la seule Kabylie, les valeurs qu’il portait sont déjà diffusées à travers tout le territoire national.

Marche, conférences, tables rondes…, la Kabylie s’apprête encore une fois, sous le signe de la continuité de la lutte, à revisiter une des séquences majeures de l’histoire post-indépendance de l’Algérie en général et du combat pour l’identité et la démocratie en particulier : le Printemps berbère d’avril 1980. 

À Tizi Ouzou, en plus de la traditionnelle marche qui réunit à chaque fois des milliers de manifestants qui tiennent, en cette date du 20 avril, à battre le pavé même lorsque aucun appel n’est lancé à cet effet, des rencontres-débats sont également prévues un peu partout autour de cet épisode devenu un repère cardinal pour toutes les luttes qui ont suivi et celles probablement à venir. Une de ces nombreuses rencontres prévues dans les quatre coins de la Kabylie aura lieu à la maison de la culture de Tizi Ouzou, où plusieurs anciens acteurs de ces événements, dont Arab Aknine, Doumane Saïd, Mouloud Lounaouci, Amarouche Mhand, Hend Sadi, Saïd Chemakh, Oussalem Mohand Ouamar et Cherfi Ahcène, prendront part à une table ronde qui abordera la portée de ces événements sous plusieurs angles.

“Tafsut Imazighen - le mouvement de février 2019 : accumulation et continuité”, “Vécu du 20 Avril 80 à Alger”, “État, pouvoir et droits des citoyens”, “Printemps berbère vu par trois responsables officiels”, “Légitimité politique et histoire” seront les principales thématiques choisies pour cette rencontre de deux jours. 

Au-delà de l’aspect commémoratif qu’elles revêtent, les diverses actions initiées, chaque même période d’avril, montrent si besoin que le printemps berbère n’est pas seulement un événement à célébrer mais surtout un instant de ressourcement collectif dans l’œuvre de pédagogie et de pacifisme ainsi que les valeurs de citoyenneté, identitaires, politiques et juridiques qui ont posé, depuis 1980, les jalons de l’État algérien moderne et démocratique pour lequel se bat encore aujourd’hui le peuple algérien dans tous ses segments et sa diversité.

Loin donc de tout folklore, le Printemps berbère se veut une halte perpétuellement renouvelée de réflexion et de débat autour des avancées, des insuffisances et des perspectives, sinon un instant de capitalisation et de remise en cause nécessaire pour mieux avancer sur le long chemin de la restauration de la république démocratique rêvée au congrès de la Soummam mais détournée à l’aube de l’indépendance pour en faire une dictature. 

Aujourd’hui, même si la célébration du Printemps berbère peut être encore une fois circonscrite à la seule Kabylie, les valeurs qu’il portait sont déjà diffusées à travers tout le territoire national. En témoignent les slogans scandés dans les marches dans la plupart des villes algériennes où les revendications de démocratie, des droits, de liberté, de citoyenneté, de justice, de diversité culturelle posées en 80 sont, consciemment ou inconsciemment, reprises pêle-mêle, par endroits avec même le bonus de la reconnaissance à la Kabylie à travers des slogans tels que “La Kabylie, bravo alikoum, El-Djazaïr teftakhar bikoum”.

Même le drapeau amazigh qui a été longtemps vu comme un signe de division a fini par se faire une place dans de nombreuses villes algériennes lorsque le défunt général-major Gaïd Salah l’a interdit. C’est dire qu’aujourd’hui, en dépit de toutes les manœuvres orchestrées durant près de quarante ans par le pouvoir, qui semble avoir compris très tôt les “dangers” du Printemps berbère et qui a donc d’abord œuvré, en vain, pour l’effacer et ensuite pour le folkloriser, les greffons d’avril 80 ont fini par prendre et par éclore sur tout le territoire algérien. 

Samir LESLOUS

 


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